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Sophie Grégoire Trudeau et la bonté féminine

Sophie Grégoire Trudeau et la bonté féminine

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Vous avez vu le magazine Fashion Canada ?

Sophie Grégoire Trudeau y est absolument magnifique, mettant en valeur des créations de designers canadiens.

Ce numéro est consacré à la grande "Sisterhood" (la Sororité) à l'occasion du 8 mars.

Sophie Grégoire Trudeau, adepte de yoga, lance parfois des phrases ésotériques, ascendant nouvel âge. Et dans le magazine, Sophie Grégoire Trudeau fait une déclaration qui m’a fait tiquer. « I feel that feminine energy in this world is so needed and a lack of it can truly make us  sick as a society. » Ma traduction libre : « Je considère que nous avons vraiment besoin d’une énergie féminine dans ce monde et qu’un manque de cette énergie peut vraiment nous rendre malade comme société ».

 

Chaque fois que je lis ce genre de commentaire, ça me donne de l’urticaire.

Comme si l’ « énergie féminine » était intrinsèquement bonne, compatissante, généreuse, positive. Comme si les femmes avaient le monopole de la bonté, de la compassion et de la bienveillance et qu’elles ne pouvaient jamais, au grand jamais, être une force négative.

 

La raison pour laquelle il faut plus de femmes dans toutes les sphères de la société, c’est parce qu'elles représentent la moitié de l’humanité. Pas sur la base de leur capacité à « faire de la politique autrement » ou « faire de la médecine autrement » ou « faire de l’économie autrement ».

 

Si on se base uniquement sur l’énergie féminine miraculeuse pour réclamer une plus grande présence des femmes dans la société, ça veut donc dire que Marine Le Pen est une énergie féminine qui peut nous soigner ? Et que l’absence de son « énergie féminine » peut vraiment « nous rendre malade » ?

Ha tiens, tout d’un coup, l’énergie féminine est moins perçue comme miraculeuse quand elle véhicule des valeurs qui ne sont pas soi-disant progressistes, n’est-ce pas Sophie ?

 

C’est comme les femmes qui affirment qu’il faut plus de modèles féminins en politique mais qui se mettent à vomir quand on leur dit qu’on avait toute l’admiration du monde pour la poigne de fer de la Dame de fer Margaret Thatcher. Les femmes sont des modèles uniquement si elles penchent du bon bord.

 

C’est comme les jeunes néo-féministes qui dénoncent l’intimidation dont sont victimes les femmes sur les médias sociaux, mais qui se taisent quand des méchantes chroniqueuses de droite (Denise Bombardier, Lise Ravary ou moi) se font conspuer sur ces mêmes médias sociaux.

 

Contrairement à Mme Sophie Grégoire Trudeau, je ne crois pas que l’énergie féminine soit substantifiquement bonne. Pas plus que je ne pense pas que l’énergie masculine est foncièrement mauvaise.

 

 Il y a des crétins, des monstres et des salauds des deux côtés.

Ce qui nous « rend malade » comme société c’est quand on s’obstine dans l’angélisme.

C'est quand on persiste à croire qu’un être humain doté d’ovaires ne peut que faire le bien...