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L’ère post-américaine, en 4 questions

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Donald Trump veut que les États-Unis regagnent la première place. Il y est certainement parvenu dans le domaine médiatique. À lui seul, Trump génère des nouvelles internationales importantes tous les jours. Dans les faits, le bilan de son premier mois de pouvoir est faible.

Son décret sur l’immigration est bloqué. Il n’est pas encore parvenu à faire nommer toute son équipe. Des fuites d’informations importantes entachent son autorité. Son administration donne l’impression d’être chaotique.

1. Devant la crise, quelle est la première solution de Trump ?

Devant ces problèmes, Trump a choisi de détourner l’attention du public avec des bains de foule et des attaques contre les médias. Cette stratégie ne peut durer qu’un temps. Les partisans de Trump vont exiger des résultats. Quant aux attaques contre les médias, elles agacent même des républicains. Par exemple, le sénateur John McCain rappelle que, dans leur soif de pouvoir, les dictateurs commencent toujours par neutraliser les médias.

2. Quelle réputation internationale l’équipe de Trump est-elle en train de se faire ?

Moscou, dont les prédispositions à l’égard de Trump sont pourtant excellentes, vient de lancer au président américain une sérieuse rebuffade. C’est que Michael Cohen, avocat personnel de Trump, a pondu un projet de résolution du conflit en Ukraine. Il propose que l’Ukraine «loue» à la Russie le territoire de la Crimée pendant quelques décennies. En échange, les sanctions contre la Russie seraient levées. La réponse du Kremlin: on ne peut pas louer un territoire qui nous appartient déjà. La proposition fait ressortir l’amateurisme de l’équipe de Trump.

3. Que veut Trump pour l’Europe ?

Pendant ce temps, les dirigeants euro­péens ont tenté de se rassurer avec la visite de Mike Pence chez eux. Il leur a expliqué que l’Otan est toujours le pilier de la défense américaine en Europe, mais que les pays européens devront payer davantage. Sauf que Trump a aussi dit que les Anglais avaient bien fait de sortir de l’Union européenne, qui seraient en train de devenir l’instrument de l’Allemagne. Rien pour consolider l’Union européenne! Les Européens attendent eux aussi des actions concrètes de la part de Trump.

4. Qu’attendent les alliés des États-Unis ?

Jusqu’à présent, Trump a beaucoup parlé, mais très peu livré. Des New-Yorkais qui l’observent depuis longtemps affirment que c’est la marque de commerce du bonhomme. Les alliés des États-Unis attendent beaucoup de lui. Trump a promis de neutraliser la Corée du Nord, de rajuster les politiques commerciales de la Chine, d’anéantir l’État islamique, de mettre à genoux l’Iran, de redonner aux Américains le leadership mondial qu’ils avaient autrefois... Chose certaine, Trump ne pourra pas longtemps abuser de la patience des diri­geants internationaux. En l’absence de résultats concrets et rapides, le reste du monde s’organisera sans les États-Unis. Selon quelques dirigeants, ce monde existe déjà. Ils l’appellent le monde de l’ère post-américaine.