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Un Québécois envisage une thérapie de 800 000 $ pour traiter sa leucémie

Le traitement expérimental d'un hôpital de Boston pourrait le sauver

Quebec
Photo Stevens LeBlanc ​Mathieu est isolé dans un hôpital de Québec dans l’attente d’un dernier traitement très onéreux.

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Un jeune Québécois foudroyé par une violente récidive de la leucémie joue ses dernières cartes dans l’espoir de survivre. S’il ne réussit pas à obtenir un médicament à 200 000 $ au Québec, il se tournera vers une thérapie coûtant pas moins de 800 000 $ aux États-Unis.

Il reste bien peu de recours à Mathieu Grégoire s’il veut vieillir auprès de sa blonde et de sa petite fille de cinq ans. L’homme de 29 ans vit une récidive d’une forme rare de cancer du sang extrêmement agressif et difficile à traiter.

«La dernière chance, il faut la prendre. Je veux vivre, a affirmé Mathieu en entrevue au Journal. Les cellules cancéreuses sont revenues dans mon sang. Ma maladie augmente vraiment vite.»

Dans les prochains jours, le père de famille, passionné de voyages, devra se tourner vers des soins alternatifs qui ne sont pas couverts par la Régie de l’assurance maladie (RAMQ). «On m’a dit que la chimio ne fonctionnait pas», a-t-il tristement relaté.

Prometteur

En premier, ses médecins essayeront de le guérir à l’aide du Blinatumomab. Il s’agit d’un médicament préapprouvé par Santé Canada, mais qui n’est pas couvert par la RAMQ. Or, ce traitement se détaille à 200 000 $ et devra être suivi d’une greffe de moelle osseuse. Ses médecins tentent de convaincre le gouvernement d’en assumer les coûts, mais ce n’est pas gagné.

Sachant que sa leucémie est très virulente, Mathieu prépare son plan B. Il voudrait se rendre à l’Hôpital Dana-Farber de Boston aux États-Unis, afin de participer à un traitement expérimental qui commence à faire ses preuves.

«Ça donne des résultats incroyables», a mentionné Mathieu, qui est pour le moment en isolement dans un hôpital de Québec.

Le problème, c’est que cette cure coûte près de 800 000 $. Il fait aujourd’hui appel à la population pour qu’elle lui vienne en aide.

«Ça coûte une fortune, je sais, a admis Mathieu. On commence la campagne de financement. Si le médicament ne fonctionne pas, on pourra aller là-bas», explique-t-il.

Mathieu Grégoire, qui est ici accompagné de sa copine.
Photo Stevens LeBlanc
Mathieu Grégoire, qui est ici accompagné de sa copine.

Mauvaise nouvelle

Le cancer a réapparu en janvier, après une brève rémission. Mathieu était alors à Beyrouth dans l’espoir de traverser en Syrie afin de réaliser un photoreportage. Il s’agissait d’un premier long voyage après deux années de traitements intensifs contre la maladie.

Ses plans ont finalement basculé lorsqu’il s’est réveillé en sueur en pleine nuit et avec de fortes douleurs aux dents et au dos. Les symptômes de la maladie venaient de refaire surface alors qu’il était à des milliers de kilomètres de la maison.

«Je me disais que ça ne se pouvait pas... Mais, au fil des jours, c’était pire», a-t-il raconté.

Le papa a rapidement pris un vol en direction de Québec, où ses craintes ont été confirmées par un hématologue à Thetford Mines, la région où il habite. Puis, il a été transféré à Québec pour un traitement-choc. Cependant, les résultats des examens et des traitements n’ont pas été très positifs.

Pour soutenir la campagne de sociofinancement de Mathieu Grégoire: https://www.youcaring.com/mathieugregoire-760127

LEUCÉMIE AIGUË LYMPHOBLASTIQUE

  • Cancer qui prend naissance dans les cellules souches du sang
  • C’est une leucémie d’enfant. Les enfants ont 90 % de chance de rémission.
  • Chez les adultes, c’est beaucoup plus difficile à guérir. La récidive précoce est un facteur défavorable.

TRAITEMENT AUX ÉTATS-UNIS

  • Traitement expérimental du Centre de cancer et de troubles du sang de Dana-Farber, un hôpital de Boston. Des essais cliniques existent aussi au Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York et aussi dans le Maryland.
  • Il s’agit d’un essai clinique de phase I qui utilise les propres cellules de la personne atteinte de leucémie aiguë lymphoblastique. Grâce à l’ingénierie médicale et à la modification des cellules T en laboratoire, le traitement permet de cibler et détruire direc­tement les cellules cancéreuses, puis il est réinjecté dans le patient.
  • Coût : 800 000 $
  • 90 % de chances de rémission, quel que soit l’âge du patient.

LE BLINATUMOMAB

  • C’est le premier agent d’immunothérapie à être approuvé pour le traitement des patients atteints de leucémie aiguë lymphoblastique à précurseurs B. Il doit être suivi d’une greffe de moelle osseuse, puis le patient doit espérer une rémission.
  • Coût : 200 000 $, non couvert par la RAMQ
  • 41 % à 69 % de chance de rémission.

(Sources: Société canadienne du cancer, Hôpital Dana-Farber, US Food and Drugs administration, Association Saint-Louis)