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Un homme marqué par la guerre

Un homme marqué par la guerre
Photo courtoisie

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À travers une vingtaine de tableaux, la pièce Don Juan revient de la guerre, une pièce du dramaturge d’origine hongroise Ödön von Horváth, évoque le destin de 35 femmes. Les spectateurs, grâce à une belle brochette de comédiens, seront plongés dans l’atmosphère de l’après-guerre.

Campée en 1918, au moment où la ­Première Guerre Mondiale vient de se terminer, la pièce nous fera découvrir Don Juan, dont le mythe a été retravaillé par ­l’auteur.

«C’est un homme qui revient de la guerre, épuisé, complètement défait, malade, atteint par la grippe espagnole et qui souffre d’un choc post-traumatique», annonce la comédienne Mylène Saint-Sauveur, qui figure parmi la ­distribution. «Don Juan a été soldat au front et rentre dans une Allemagne ­défaite et détruite par les bombes.»

Ce Don Juan, interprété par Maxim Gaudette, souhaite retrouver sa ­fiancée, qu’il avait promis d’épouser avant de partir au front. Mais depuis son départ, la jeune femme qu’il avait tant aimée, puis abandonnée, est ­morte. Mais ça, le héros l’ignore et poursuit donc sa quête, inlassablement.

«Il retrouvera un peu de cette jeune femme dans chacune des femmes qu’il croisera sur sa route», révèle la ­comédienne, qui avait brillé en 2015 dans la pièce Le journal d’Anne Frank. «Chaque femme représente un certain idéal perdu.»

Ainsi, on découvrira 35 femmes, ­campées par six comédiennes, toutes transformées d’une façon ou d’une autre par la guerre. «C’est un peu ­comme si Don Juan recherchait un idéal féminin à travers ces femmes», souligne Mylène Saint-Sauveur. «Ce sont de petits détails, chez chacune d’elles, qui lui rappellent sa fiancée.»

Magnétisme

Bien que Don Juan soit épuisé par la guerre, il a, en partie, conservé son magnétisme d’autrefois. «Une part du mythe de Don Juan est présent, il consomme les femmes comme bon lui semble», fait remarquer la comédienne, qui interprète sept personnages, ­notamment une jeune artiste lesbienne qui fréquente des bars et une jeune ­révolutionnaire.

«Toutes les femmes ont une certaine attirance envers Don Juan», confie Mylène Saint-Sauveur. «Il est doté d’un magnétisme inexplicable. ­Néanmoins, certaines femmes lui ­tiendront tête.»

Mais c’est principalement les traces de la guerre et certains de ses choix de vie qui auront raison de ce ­magnétisme.

Amertume

Don Juan tentera de revivre le grand amour, mais malheureusement, jamais il ne le retrouvera et c’est avec beaucoup d’amertume qu’il le constatera. «Il devra abandonner l’idéal amoureux qu’il avait avant la guerre», indique-t-elle.

Comme plusieurs de ses semblables, Don Juan est seul avec ses souvenirs. L’Allemagne déborde de femmes qui cherchent un mari, un père, un frère, ou un cousin décédé durant la guerre.

«On verra le mythe de Don Juan s’essouffler­­ peu à peu au fil des scènes», conclut-elle.

Don Juan revient de la guerre

  • Auteur: Ödön von Horváth
  • Mise en scène: Florent Siaud
  • Distribution: Évelyne de la Chenelière, Kim Despatis, Maxim Gaudette, Marie-France Lambert, Danielle Proulx, Évelyne Rompré, Mylène Saint-Sauveur
  • Du 28 février au 25 mars
  • Au Théâtre Prospero (salle principale)