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Jugé illégal, un championnat national de jiu-jitsu est annulé

Amanda Campeau, Nobuya Shimamoto, Michele Forte, Johnny Zemouli, Danny An Khoi Vu, Martin Nguyen , Patrick Émard et David Bonacci ont été privés de leur championnat canadien de jiu-jitsu dimanche au centre Pierre-Charbonne
Photo agence qmi, joël lemay Amanda Campeau, Nobuya Shimamoto, Michele Forte, Johnny Zemouli, Danny An Khoi Vu, Martin Nguyen , Patrick Émard et David Bonacci ont été privés de leur championnat canadien de jiu-jitsu dimanche au centre Pierre-Charbonne

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Une compétition d’arts martiaux a été annulée à la dernière minute dimanche matin après que la police de Montréal eut menacé de procéder à des arrestations si des affrontements avaient lieu.

Organisé depuis neuf ans dans la métropole, c’est la première fois que le Championnat canadien de jiu-jitsu brésilien est annulé à Montréal. Les quelque 240 adeptes en provenance du Canada et des États-Unis ont appris la nouvelle neuf heures avant l’ouverture des portes du Centre Pierre-Charbonneau.

«Je suis à terre, a souligné Martin Nguyen, un des organisateurs de l’événement, qui a entériné la décision aux alentours de minuit dimanche matin. Il y avait tellement d’effort derrière l’organisation de cette compétition. On pratique un art martial qui nous aide dans la vie et on nous associe plutôt à des combats de sous-sols. C’est très dommage.»

À la suite d’une plainte, le Service de police de la Ville de Montréal a informé les promoteurs vendredi à 18 h que leur compétition sportive contrevenait à l’article 83 du Code criminel canadien qui concerne les «combats concertés», en vigueur depuis 2013.

«Pour être légal au Québec, un sport de combat doit être reconnu par le Comité international olympique et le jiu-jitsu brésilien ne l’est pas, a précisé Benoît Boisselle, porte-parole du SPVM.

La semaine dernière, les organisateurs d’un programme de kick-boxing amateur ont dû annuler pour les mêmes motifs leur compétition qui était prévue dimanche, au Casino de Montréal.

Interprétation du sport

Le Code criminel stipule que «le combat concerté s’entend d’un match ou combat, avec les poings, les mains ou les pieds, entre deux personnes qui se sont rencontrées à cette fin par arrangement préalable conclu par elles, ou pour elles.»

Mais le jiu-jitsu brésilien n’utilise ni coup de poing ni de coup de pied, rappelle Danny Vu, porte-parole de la compétition.

«On ne devrait pas être associé à l’article 83, car nous utilisons que des prises au sol, dit-il. Notre sport est très similaire au judo, mais on est associé à tort au jiu-jitsu japonais, qui utilise des coups de poing et des coups de pieds.»

L’annulation de la compétition entraînera un déficit important, estime l’avocat de formation.

«Il nous reste encore beaucoup de calculs à faire, mais on évalue nos pertes à plus de 10 000 $, a poursuivi M. Vu. Tout l’équipement était loué, la salle était réservée et nos employés devront être payés.»

Ce dernier assure que les participants seront remboursés pour les frais d’inscription, qui s’élevaient à 91 $. «Certains ont déboursé jusqu’à 1500 $ pour être ici», a-t-il dit.

Événement reporté

Les organisateurs prévoient reporter la tenue de leur événement à dimanche prochain.

«Nous allons déplacer l’événement à l’extérieur de la ville de Montréal, a indiqué M. Vu. À Gatineau, la police a donné verbalement son accord pour des compétitions de jiu-jitsu brésilien.»

Dimanche en soirée, la police de Gatineau n’était pas en mesure de confirmer l’information.

Sports de combat permis en tournoi au Canada

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  • Taekwondo
  • Judo
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  • Lutte libre 
  • Lutte gréco-romain