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Le crucifix sera réinstallé à l'hôpital Saint-Sacrement, confirme le CHU

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La direction du CHU de Québec a fait volte-face mercredi en revenant sur sa décision controversée de retirer le crucifix de l’hôpital Saint-Sacrement qui avait provoqué un véritable tollé depuis une semaine.

La décision de l’établissement est venue «à la demande» du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), selon le communiqué envoyé mercredi.

«Le MSSS considère qu’il ne s’agit pas ici de la neutralité religieuse de l’État, mais du respect de l’histoire de l’hôpital [...] et de la reconnaissance à avoir envers nos mères fondatrices, la communauté des Soeurs de la Charité», peut-on lire dans la missive envoyée en après-midi.

Barrette irrité

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette se défend toutefois d’une quelconque intervention dans ce dossier. S’il affirme être fortement en accord avec la décision de replacer le crucifix, il réfute les allégations d’ingérence, se disant même «très irrité» par ce genre de propos.

«S’ils n’ont pas la colonne vertébrale pour prendre leurs responsabilités, il y a un problème. [...] Je n’ai contacté personne au CHU de Québec», a-t-il insisté, admettant malgré tout que des fonctionnaires avaient pu passer certains messages.

«Les fonctionnaires du ministère ont pu rappeler à la direction que nous exigeons aux administrations d’être à l’écoute de la population qu’elles desservent, souligne le ministre. Il me semble très clair que la population s’est exprimée dans ce dossier.»

Décision saluée

Plusieurs politiciens et intervenants qui s’étaient prononcés contre le choix initial de l’institution ont salué mercredi le revirement de situation. Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix a notamment parlé d’une «sage décision qui respecte le caractère patrimonial, historique et religieux de ce crucifix».

Le premier ministre Philippe Couillard a quant à lui rappeler l’importance de ne pas «effacer notre patrimoine», même au nom de l’ouverture et de la tolérance.

«On est dans une institution hospitalière qui s’appelle Saint-Sacrement et on ne changera pas son nom. Une institution fondée par les congrégations religieuses et on ne changera pas l’histoire, il faut même s’en souvenir», a-t-il souligné, affirmant lui aussi que son gouvernement n’était pas intervenu dans l’affaire.

Le crucifix doit être replacé à son endroit initial, en haut du mur entre les deux ascenseurs. Le Journal a attendu toute la soirée, mais l'installation n'avait toujours pas eu lieu. La direction des communications du CHU a indiqué la pose se ferait discrètement lorsqu'aucun représentant des médias ne serait présent, vraisemblablement au cours de la nuit dernière. Un gardien de sécurité avait même été affecté à la surveillance du site, mercredi.
Photo Jean-François Racine
Le crucifix doit être replacé à son endroit initial, en haut du mur entre les deux ascenseurs. Le Journal a attendu toute la soirée, mais l'installation n'avait toujours pas eu lieu. La direction des communications du CHU a indiqué la pose se ferait discrètement lorsqu'aucun représentant des médias ne serait présent, vraisemblablement au cours de la nuit dernière. Un gardien de sécurité avait même été affecté à la surveillance du site, mercredi.

La saga du crucifix

  • Semaine du 7 février - La plainte d’un patient mène au retrait du crucifix d’un des murs de l’hôpital.
  • 25 février - Une pétition en ligne est lancée pour ramener le crucifix. À ce jour, plus de 13 000 personnes y ont apposé leur signature.
  • 26 février - Des militants du Mouvement Tradition Québec installent eux-mêmes un crucifix de remplacement, qui sera aussi retiré par la direction.
  • 28 février - On apprend que l’hôpital a été la cible de menaces prises au sérieux par la direction. Un homme est arrêté 24 h plus tard.
  • 1er mars - La direction revient sur sa décision.

Ce qu'ils ont dit

« Je ne me mêle pas de ça, on a assez de nos crucifix à gérer, je ne gérerai pas ceux des autres. Ce n’est pas de mes affaires. »

— Régis Labeaume

« C’est une bonne décision. C’était une décision locale et de ce que je comprends, c’est localement aussi qu’on a décidé de le remettre. C’est une question de respect pour notre patrimoine et les Sœurs de la Charité. »

— François Blais

« Il faut se rappeler que le système de santé n’existerait pas sans l’implication des communautés religieuses. Le nom des hôpitaux ne va pas se mettre à changer demain matin, et le crucifix ne va pas être enlevé parce qu’il y a quelqu’un, quelque part, qui n’est pas content. »

— Gaétan Barrette

​« Nous, ce qu’on veut quand on propose d’encadrer les demandes d’accommodements, c’est d’apporter des principes sur lesquels les gestionnaires locaux vont pouvoir s’appuyer pour prendre leur décision. Un de ces principes, c’est la protection du patrimoine du Québec et du parcours historique du Québec. »

— Philippe Couillard

Vous pouvez lire le communiqué intégral du CHU ci-dessous: