/news/health
Navigation

Le chauffage au bois lié au risque de crise cardiaque

Une étude montre que les personnes âgées sont particulièrement à risque

Scott Weichental est l’auteur principal de l’étude, qui a été financée par Santé Canada, où il a lui-même travaillé par le passé.
Photo Chantal Poirier Scott Weichental est l’auteur principal de l’étude, qui a été financée par Santé Canada, où il a lui-même travaillé par le passé.

Coup d'oeil sur cet article

La douce chaleur du foyer a de quoi réchauffer les cœurs, mais elle est néfaste pour la santé cardiaque des personnes âgées, conclut une étude qui vient donner raison au règlement de Montréal sur les poêles à bois.

L’étude conclut qu’il y a un lien entre le niveau de pollution dans l’air et le nombre d’hospitalisations pour infarctus du myocarde, souvent appelé crise cardiaque. Là où les résultats sont particulièrement intéressants, c’est que le risque est encore plus grand lorsque la combustion du bois est à son comble, c’est-à-dire pendant l’hiver.

Un enjeu

À la lumière de cette étude, doit-on avoir peur de s’approcher d’un feu de camp ou d’un poêle à bois?

«Ces résultats ne sont pas pertinents parce que les risques [de danger pour la santé] sont énormes, mais plutôt parce que tout le monde [dans une ville] y est exposé. C’est vraiment un enjeu de santé publique», explique Scott Weichenthal, assistant-professeur spécialisé en épidémiologie à la Faculté de médecine de l’Université McGill et principal auteur de l’étude.

Car, non, le chauffage au bois n’est pas en voie de disparition, même en ville. «Les gens aiment leurs poêles à bois. Il y a une aura romantique qui entoure ce type de chauffage», observe­­ M. Weichenthal.

«Reste­­ que le moins d’exposition il y a, mieux c’est», rappelle-t-il.

«Cela vient appuyer les mesures qui sont actuellement mises en place dans certaines villes afin de réduire la pollution de l’air provenant du chauffage au bois, comme c’est le cas à Montréal», indique le chercheur.

Trois villes

Montréal interdit en effet le chauffage au bois durant les épisodes de smog, sauf en cas de pannes d’électricité de plus de trois heures.

De plus, dès octobre 2018, il sera carrément interdit d’utiliser un foyer ou un poêle à bois, sauf s’il répond à des normes environnementales strictes.

Pour arriver à leurs résultats, les chercheurs ont comparé les données de 2008 à 2015 de trois petites villes de Colombie-Britannique qui ont moins de 85 000 habitants. Grâce à un marqueur chimique, les scientifiques ont pu déterminer quelle proportion de la pollution provenait de la combustion de bois.

Même s’ils ont trouvé un certain lien entre la pollution et la santé cardiaque des plus jeunes, c’est chez les personnes âgées que l’effet est le plus remarquable, explique M. Weichenthal.

Ce résultat indique aussi que les polluants de l’air ne sont pas tous égaux en matière de dangerosité, ajoute-t-il. La présente étude ne permet toutefois pas de dire pourquoi les particules provenant du chauffage au bois seraient plus dangereuses pour la santé que d’autres sources de pollution.

En attendant, Projet Montréal dénonce le peu d’application du règlement montréalais sur le terrain.

De son côté, la Ville­­ explique miser sur la sensibilisation et dit voir des résultats encourageants.


JOURS DE SMOG À MONTRÉAL
  • Hiver 2015-2016 : 6
  • Hiver 2016-2017 : 3

SOURCES DE POLLUTION À MONTRÉAL

  • Transports 45 %
  • Combustion de bois 39 %

19 % Hausse du risque de crise cardiaque chez les personnes de 65 ans et plus pendant l’hiver, selon l’étude