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Solidarité avec Judith Lussier

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

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On a beaucoup parlé, depuis lundi, du mauvais sort de la chroniqueuse Judith Lussier.

Je résume l’histoire, pour ceux qui l’auraient manquée: après plusieurs années à tenir la chronique dans le journal Métro, Judith Lussier a décidé d’accrocher pour un temps ses patins.

La raison? Elle en avait marre de toujours se battre contre les harceleurs qui polluent les médias sociaux.

Des «Trolls»

On les appelle les «trolls». Ils attaquent sans cesse. C’est à cause d’eux qu’on dit qu’une discussion sur Facebook vire souvent à l’engueulade de taverne.

On comprend Judith Lussier d’en avoir assez. Elle a droit à notre entière solidarité.

Étrangement, toutefois, une partie du système médiatique a récupéré cet événement dans une perspective féministe. On a dit: ce sont les femmes qui sont surtout visées par les malappris sur Facebook. Et plus encore les féministes. C’est le sexisme et le machisme qui fabriqueraient des trolls.

Qu’on me permette de nuancer cette vision: certes, Judith Lussier est féministe, et elle est attaquée sur cette base, mais il y a des trolls dans tous les camps.

Les propos haineux n’ont pas de sexe. Il y a partout des maniaques qui se donnent pour mission de gâcher la vie des gens. La gauche «vertueuse» a aussi ses serpents venimeux.

J’ai vu plusieurs personnes qui se comportent comme des trolls à temps plein soudainement s’indigner du mauvais sort de Judith Lussier.

L’un peut être professeur de philosophie et jouer au sage engagé. Mais sur Facebook, il vomit sa haine à temps plein sur ceux qui ne pensent pas comme lui.

L’autre peut être une féministe universitaire vénérée par les mondains, mais se comporter de manière ordurière avec tous ceux qui ne se soumettent pas à ses dogmes.

Je pourrais en évoquer des centaines. Manière comme une autre de dire que souvent, les trolls sont diplômés et ne sont même pas conscients d’être haineux.

Il faut dire les choses: si vous êtes un défenseur de la charte des valeurs, un critique du féminisme, du multiculturalisme ou de l’immigration massive, vous serez chaque jour insulté de la pire des manières par des gens assurés de combattre le mal.

Gauche

On vous traitera de raciste, de xénophobe, de populiste, et cela, avec la complicité de quelques grands médias pour qui certaines personnes qu’on décrète «controversées» et politiquement incorrectes méritent les injures qu’elles reçoivent.

Si on vous insulte, vous n’aurez pas droit aux larmes officielles des importants.

Revenons à l’essentiel.

Le triste sort de Judith Lussier, tombée au combat médiatique, devrait pousser à une réflexion générale sur le comportement des internautes. À l’abri de leur écran, trop souvent, ils bavent, médisent, maudissent.

Mais je n’ai pas trop d’espoir. Ils ne changeront pas. Mieux vaut se durcir, se blinder, accepter lucidement que dans l’espace public, on prendra des coups. Inévitablement, on sera détesté.

Ce n’est peut-être pas optimiste, mais c’est réaliste. La vie publique n’a rien d’un bal distingué.