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D’autres affrontements à prévoir

FD-MANIFESTATION-ANTIFACISTE
Photo JOEL LEMAY

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Les confrontations entre manifestants d’extrême droite et d’extrême gauche seront plus fréquentes puisque ces groupes bénéficient d’une loi désuète, déplorent des experts.

«Il n’y a pas assez de conséquences aux discours extrémistes, alors les gens en profitent», soutient Maryse Potvin, professeure titulaire, équité, racisme et rapports ethniques à l’UQAM.

La manifestation tenue samedi à Montréal en est un bon exemple. Le rassemblement, organisé par des opposants à la motion M-103 contre l’islamophobie proposée par les libéraux de Justin Trudeau, s’est frotté à un groupe de militants anti-racistes.

«Chaque groupe a sa mission de sauver une certaine représentation de ses valeurs et comme il y a un vide, qu’il n’y a pas de loi pour punir les discours haineux, chacun prend sa place», explique Mme Potvin

Mme Potvin rappelle qu’il existe des articles du code criminel et des chartes pour punir l’incitation à la haine, mais pas de politique claire.

Discours haineux

Samedi, plusieurs des manifestants contre la motion étaient membres des groupes La Meute et de PEGIDA Québec, qui prônent un discours contre l’immigration.

«Le groupe La Meute, qui compte 43 000 membres sur Facebook, ne dira jamais qu’il est raciste. Ils ont réussi à masquer un discours raciste et à le rendre publiquement acceptable», souligne M. Deschamps.

Puisqu’aucune conséquence n’attend les gens qui diffusent des propos à la limite de la haine, des citoyens décident de se porter à la défense des gens visés.

«La loi sur la propagande haineuse existe mais elle n’a jamais été actualisée», souligne François Deschamps, observateur du radicalisme d’extrême droite au Québec.

Malgré une forte présence policière, des pancartes ont été brûlées et quelques projectiles fumigènes lancés entre les deux camps.

«Ces oppositions ont toujours existé, mais aujourd’hui elles sont devenues visibles et pourraient l’être encore plus dans les prochains mois puisqu’il y a une montée des discours anti-immigration aux États-Unis et en Europe qui légitimisent en quelque sorte l’existence de ces groupes», souligne M. Deschamps.

La Meute n’a pas répondu au message du Journal.