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Élèves en difficulté: l’opposition demande un réinvestissement

Le porte-parole péquiste en matière d’éducation, Alexandre Cloutier.
Photo Simon Clark Le porte-parole péquiste en matière d’éducation, Alexandre Cloutier.

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L’austérité libérale a fait mal aux élèves en difficulté, clament les partis d’opposition, qui attendent maintenant un réinvestissement dans le budget Leitao, prévu à la fin mars.

Quelque 15 000 élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) se sont ajoutés dans le réseau scolaire depuis deux ans, révélait le Journal de Québec lundi. Ils étaient 207 016 en 2015-2016 et leur nombre est en croissance depuis 10 ans.  

«Alors que les besoins explosent à travers le Québec depuis maintenant plusieurs années, l’approche du gouvernement libéral aura été de couper dans tous les services offerts à nos jeunes en difficulté: les psychoéducateurs, les techniciens en éducation spécialisée, les psychologues», affirme le porte-parole péquiste en matière d’éducation, Alexandre Cloutier.

À la CAQ, Jean-François Roberge estime que Québec est en train de transformer le réseau scolaire «en une usine à décrochage». «Les jeunes EHDAA représentent à peu près 20% du réseau, mais ils sont plus de 50% des décrocheurs», souligne le critique en matière d’éducation.

M. Roberge déplore une «gestion à courte vue» du réseau scolaire. «Le décrochage, au Québec, a un coût estimé à 1,2 milliard $ par année, dit-il. Alors, quand on sabre quelques millions pour économiser, moi j’appelle ça tirer dans la chaloupe.»

Son parti réclame l’ajout de 840 professionnels dans l’ensemble du réseau, au coût d’environ 70 millions $, en plus de l’implantation de la maternelle quatre ans dans l’ensemble du Québec afin de permettre le dépistage précoce. 

Alexandre Cloutier plaide également pour un réinvestissement de plusieurs «centaines de millions» de dollars dans le réseau scolaire et la création d’un seuil minimum garanti de professionnels pour les élèves en difficulté.

De son côté, la Fédération des syndicats de l’enseignement s’attend à un investissement significatif dans le prochain budget Leitao. «Dans les dernières années, on a coupé 1 milliard $, rappelle Josée Scalabrini. Ce n’est pas vrai qu’à coups de 1 million $ ici, 2 millions $ là, qu’on est en train de corriger le tir.»

Interpellé lundi, Sébastien Proulx a refusé de voir un lien entre les compressions et les services aux élèves en difficulté. «Aujourd'hui, il y a davantage de ressources [qu'avant], a assuré le ministre de l’Éducation, en marge de l’annonce d’une aide pour les halte-garderies. Ce n'est pas tout d'investir de l'argent, il faut travailler pour que le service se rende.»