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Frappé par les policiers en prenant une photo, il perd deux dents

Un étudiant veut porter plainte en déontologie contre l’agent qui l’a molesté

brutalité policière
Photo Boris Proulx Daniel Slapcoff, étudiant en cinéma à l’Université Concordia, montre ses deux dents qui ont été brisées quand il a été atteint par le bouclier d’un policier lors du rassemblement des opposants à une motion contre l’islamophobie samedi à Montréal.

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Un étudiant a perdu deux dents, conséquence d’un coup de bouclier au visage reçu d’un policier antiémeute lors de la contre-manifestation de samedi à Montréal.

«J’étais sous le choc. Mes dents sont tombées dans la foule et je ne les ai pas cherchées», témoigne Daniel Slapcoff, 22 ans.

Un trou apparaît au lieu d’une partie de ses deux incisives du haut, cassées par un accrochage avec le bouclier en plastique d’un agent de police.

«La police voulait faire reculer [la manifestation]. Ils ont avancé avec force, ce qui est correct, mais l’un d’eux m’a vraiment frappé avec le haut de son bouclier dans mon visage», a-t-il témoigné au Journal à sa sortie de l’hôpital, samedi soir.

L’étudiant doit maintenant recevoir un traitement de canal pour ses deux dents avant de les remplacer. Il dit sentir «un peu de douleur» à la bouche quand il respire.

Le pire, décrit-il, est la peur qu’il a ressentie au moment du coup. Le policier ne s’est pas excusé.

Photographe

Daniel Slapcoff, qui n’est pas un habitué des manifestations, ne comprend pas pourquoi il a été rudoyé.

«J’étais là juste pour observer, prendre des photos. J’étais à l’écart, avec les journalistes», explique l’étudiant en première année du programme de cinéma à l’Université Concordia.

Samedi, alors que se préparaient une manifestation du groupe ultranationaliste La Meute et une contre-manifestation d’environ 400 militants antifascistes, il a décidé de mettre ses cours en pratique et de documenter l’affrontement.

«Ma blonde préparait un photoreportage sur la résistance, et je voulais l’aider», dit-il pour expliquer sa présence à l’avant du rassemblement antiraciste.

C’est au moment où la police a souhaité séparer les deux groupes de manifestants, près de l’hôtel de ville de Montréal sur la rue Notre-Dame, qu’il s’est retrouvé sur le chemin d’une charge policière.

«Ce n’est pas une personne qui cherche le trouble. Il n’était pas là pour faire l’émeute, mais pour apprendre», s’insurge son père, Robert Slapcoff. Il critique le travail des policiers, qui «devraient être là pour arrêter la violence».

Déontologie

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé qu’un rapport lui a été remis recoupant ces circonstances. L’agent en cause ignorerait toutefois si c’est bien lui qui a causé la blessure.

La police assure que ses agents antiémeutes ne portent pas de coups au visage.

«Un coup de bouclier, souvent, arrive quand une personne se penche ou quand le bouclier glisse et atteint le visage. Ce sont des choses qui arrivent», explique le relationniste Daniel Lacoursière.

Daniel Slapcoff, lui, croit plutôt avoir été volontairement «attaqué» par le policier.

Il envisage de consulter un avocat et de porter plainte en déontologie contre l’agent qui l’a frappé.