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Record d’intégration dans les classes normales

La proportion est maintenant de 74 %

Luka, que l’on voit ici en compagnie de sa mère Lucila Guerrero, est un garçon autiste de 12 ans qui fonctionne beaucoup mieux à l’école depuis qu’il a été intégré dans une classe normale.
photo ben pelosse, Le Journal de Montréal Luka, que l’on voit ici en compagnie de sa mère Lucila Guerrero, est un garçon autiste de 12 ans qui fonctionne beaucoup mieux à l’école depuis qu’il a été intégré dans une classe normale.

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Les élèves en difficulté, toujours plus nombreux dans les écoles du Québec, sont aussi plus présents que jamais dans les classes normales.

La proportion d’élèves à besoins particuliers intégrés dans des groupes normaux est désormais de 74 %, comparativement à 71 % il y a deux ans. En 2003-2004, cette proportion était plutôt de 61 %.

Gérald Boutin, professeur à l’UQAM qui s’est beaucoup penché sur cette question, rappelle que la politique d’adaptation scolaire, qui date du début des années 2000, prône l’intégration de ces élèves dans les classes normales. Plusieurs autres systèmes d’éducation vont dans ce sens, précise-t-il. «Le problème, c’est que ça devient très lourd pour les enseignants», puisque les ressour­ces et les services ne sont pas toujours au rendez-vous, ajoute-t-il.

Christian Cloutier, qui enseigne en sixième année dans une école du centre-ville de Québec, le confirme. Dans sa classe, cinq élèves ont des besoins particuliers et aucune aide additionnelle n’est offerte. «Il y a des élèves réguliers qui écopent, c’est évident. Mais on essaie de minimiser ça le plus possible», affir­me-t-il. Il s’estime par ailleurs chanceux cette année puisque, dans d’autres classes, près de 50 % des élèves ont des besoins particuliers, dit-il.

Brigitte Dubé, porte-parole de la Coalition des parents d’enfants à besoins particuliers, se désole de son côté que l’intégration des élèves en difficulté dans les classes normales ait «mauvaise presse». «Il y a des cas où ça marche bien», affirme-t-elle.

Obstacles

Cette dernière admet toutefois, comme plusieurs, que le manque de ressources nuit à l’intégration de plusieurs enfants. Les enseignants devraient par ailleurs être mieux formés à l’université pour savoir comment intervenir auprès de ces élèves, ajoute-t-elle.

De son côté, la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) rappelle que la popularité des écoles privées et des projets particuliers au secondaire, où les élèves sont souvent sélectionnés, nuit à l’intégration des élèves en difficulté dans les classes normales, où ils sont davantage concentrés.