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Les délires de Chrystia Freeland

La ministre des Affaires étrangères canadienne Chrystia Freeland.
Photo Agence QMI, Matthew Usherwood La ministre des Affaires étrangères canadienne Chrystia Freeland.

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Voilà que la nouvelle ministre des Affaires étrangères du Canada déclare que les Russes essaient de déstabiliser les démocraties occidentales, ce qui ne serait un secret pour personne, et que, donc, les Canadiens devraient s’attendre à de telles attaques des Russes. Sauf que Chrystia Freeland n’a aucune preuve de ce qu’elle avance.

Étant donné le parti-pris pro-ukrainien enragé de Mme Freeland, ses propos devraient être reçus avec la plus grande prudence. Par ailleurs, sa déclaration est nuisible à la diplomatie canadienne.

1. Les Russes ont-ils influencé les élections aux États-Unis?

Le Congrès américain a décidé d’ouvrir une enquête sur l’influence possible de la Russie sur les élections américaines. Mais, attention! L’enquête vise tous les membres de l’équipe de Trump. Le problème n’est pas que les Russes auraient manipulé les résultats des élections. Cette hypothèse semble écartée. Tout au plus, ils auraient piraté et rendu publiques des informations défavorables à Hillary Clinton. L’enquête devrait beaucoup se concentrer sur les liens entre Trump et les oligarques russes. Les relations d’affaires de Trump ont-elles permis au Kremlin de collecter sur Trump des informations qui pourraient être utilisées pour le faire chanter? La question est très sérieuse, mais il ne s’agit pas d’une manipulation des élections.

2. Les Russes sont-ils intervenus dans d’autres démocraties occidentales?

Rien ne le prouve. Par contre, les médias russes proches du Kremlin ont publié des articles très favorables à certains candidats. Souvent, ces médias encouragent le populisme et l’affaiblissement de l’Union européenne. Faut-il en déduire que Moscou intervient dans les élections des pays européens? Bien sûr que non. Être favorable à un candidat ou un autre n’est pas un crime.

3. Pourquoi Mme Freeland est-elle aussi antirusse?

L’opinion sur la Russie de la ministre Freeland semble fortement teintée par son ascendance ukrainienne. Les Ukrainiens ont souvent une haine maladive envers les Russes. Cette haine se comprend, étant donné les horreurs que les Russes ont infligées aux Ukrainiens, en particulier sous Staline. Beaucoup de dirigeants des pays qui vivaient autrefois sous la botte de l’Union soviétique partagent la même haine. Mais cette haine n’a rien à voir avec l’histoire des Canadiens.

4. Pourquoi la déclaration de la ministre Freeland est-elle condamnable?

La déclaration de Mme Freeland laisse penser qu’elle est en train de couper les ponts entre le Canada et la Russie. Le Canada a toujours été plus fort quand il s’est placé en position de médiation entre divers pays, entre les États-Unis et la Russie, par exemple. Les liens que le Cana­da doit ou non entretenir avec la Russie gagnent à être examinés froidement, à la lumière des intérêts canadiens. Quand il s’agit de parler de la Russie, Mme Freeman semble davantage guidée par ses émotions que par ses connais­sances. Des connaissances qui sont pourtant très réelles.