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Les Québécois, ils l’ont l’affaire!

Une scène du documentaire Le prix du paradis sur les «snowbirds».
Photo Courtoisie Une scène du documentaire Le prix du paradis sur les «snowbirds».

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Quand j’ai appris la sortie d’un documentaire sur un camping VR de luxe presque uniquement fréquenté par des Québécois millionnaires, en Floride, j’ai eu peur que le réalisateur se moque de ces «snowbirds».

Mais à la place, dans Le prix du paradis, Guillaume Sylvestre montre le quotidien de ces millionnaires qui passent la moitié de l’année en Floride... sans les juger. Personnellement, je les ai adorés!

LA FLORIDE SIX MOIS PAR ANNÉE

Le documentaire Le prix du paradis est présenté jusqu’au 9 mars à la Cinémathèque, puis le 12 mars 21 h à Canal D.

On y découvre des dizaines de Québécois qui ont réussi dans la vie, et qui n’ont pas honte de leur richesse, de leur fortune et de vivre dans le luxe.

Alors qu’habituellement au Québec, on se cache quand on fait de l’argent, en Floride ces Québécois et Québécoises qui ont bâti des empires dans le domaine de la construction s’achètent des terrains à 300 000 $ y installent des RV à 3 millions avec des annexes en marbres d’Italie. Devant presque toutes les entrées des véhicules récréatifs, on trouve des voitures de luxe, Ferrari, Rolls, Mercedes-Benz, en veux-tu en voilà.

Dans une scène clé du documentaire, un des snowbirds raconte que quand il grandissait au Québec, les francophones en arrachaient et que les riches... c’était les Canadiens anglais. Alors, c’est tout un revirement de situation, aujourd’hui, que de riches Québécois qui ont fait fortune, s’établissent dans un quartier pauvre de Fort Lauderdale... parmi des Anglais.

On entend souvent les Québécois dire: «Les Américains, eux autres, ils l’ont l’affaire». Mais dans ce cas-ci, ce sont des Québécois qui font l’envie des Américains. Des millionnaires, des retraités de luxe, qui ont fondé leur entreprise, ou fait beaucoup d’argent en travaillant comme des fous, qui profitent de jours heureux. On ne va quand même pas aller leur reprocher d’avoir travaillé fort toute leur vie!

Mais ce documentaire est surtout l’occasion de rencontrer un personnage qui m’a épatée: Jean-Guy Sylvain, fils de cultivateur de Saint-Georges de Beauce, copropriétaire de l’hôtel Concorde à Québec, qui a conçu ce rêve de fou de construire un immense camping au beau milieu d’une «swompe» de Floride. Il a fait enlever tous les arbres qui le dérangeaient même si c’était interdit et a payé l’amende à la municipalité. Cet homme, qui a quitté l’école après la troisième année, n’est pas capable de lire les contrats qu’il fait signer aux acheteurs de ses terrains! Cet entrepreneur, qui ne parle pas un mot d’anglais, fait affaire aux États-Unis dans un domaine de luxe.

À lui tout seul, il justifie l’intérêt du documentaire: quel personnage fascinant!

LES QUÉBÉCOIS ET LES $$$

Un réalisateur de gauche, donneur de leçons, qui crache sur le capitalisme, aurait présenté les Québécois qui fréquentent le camping Aztec comme des «nouveaux riches». Il aurait interviewé une chercheuse en sociologie de l’UQAM qui aurait péroré sur le néo-libéralisme.

Alors que Le prix du paradis nous laisse décider par nous-mêmes ce qu’on pense. Pour une fois qu’au cinéma on parle de gens riches sans les montrer comme des Séraphin, obsédés par leur or!