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Du bœuf du Québec dans les restos et boucheries

L’industrie veut relancer la production qui a chuté de 60% en presque 10 ans

patrick pinard
Photo courtoisie­­­ Le boucher Patrick Pinard serait prêt à n’offrir que du bœuf québécois à ses clients s’il constate que la demande est présente.

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Le bœuf du Québec sera dorénavant identifiable dans des restaurants et boucheries grâce à une nouvelle certification visant à relancer une production qui a chuté de 60 % en presque 10 ans.

«On veut que notre bœuf devienne un véritable produit et pas seulement une matière première. Nous faisons de la viande de qualité, il faut redorer le blason du bœuf de chez nous», soutient Michel Gagné, directeur général de Viandes Lauzon et Viandes Décarie, des divisions du groupe Colabor, distributeur alimentaire québécois.

Le Québec produit présentement environ 15 % du bœuf que l’on mange. Les bêtes sont pour la plupart envoyées ailleurs au Canada ou aux États-Unis, avant de revenir sur nos tablettes, devenant ainsi difficiles à retracer.

Avec le logo «Bœuf Québec», le consommateur est assuré que sa viande vient d’un bœuf qui a été élevé au moins 100 jours ici et qu’on a respecté des standards de qualité et de bien-être animal.

Une centaine de restos et boucheries

La Société des parcs d’engraissement du Québec, qui représente les producteurs de bouvillons d’abattage, s’est associée avec le distributeur Colabor afin d’assurer la traçabilité du bœuf.

Déjà, La Cage – Brasserie sportive en offrira au menu de ses 46 établissements dès le 20 mars. Une soixantaine de restaurants et boucheries en proposent également. Des chefs comme David McMillan du Joe Beef se sont aussi prononcés en faveur du projet.

Patrick Pinard, qui possède six boucheries dans les régions de Montréal et Sherbrooke, est très enthousiaste de revoir du bœuf local dans son comptoir.

De 5 à 10 % plus cher

«J’ai déjà une bonne réponse de mes clients qui recherchent de plus en plus des produits locaux», souligne-t-il.

Le prix devrait être de 5 à 10 % plus élevé que le bœuf acheté normalement.

Même s’il n’y a plus d’abattoirs entièrement réservés au bœuf depuis 2015, André Forget, de l’abattoir Les Viandes Jacques Forget, à Terrebonne, croit que les établissements en place pourront répondre à la demande.

«Il y a cinq abattoirs fédéraux au Québec, il y a de la capacité», soutient celui qui s’occupe d’abattre les bêtes québécoises. Il n’écarte pas non plus la possibilité d’investir dans son abattoir si l’intérêt explose.