/news/health
Navigation

Entente entre Québec et Ottawa sur les transferts en santé

Gaetan Barrette
Photo d'archives, Simon Clark

Coup d'oeil sur cet article

Québec a perdu son bras de fer avec Ottawa dans le dossier des transferts en santé.

La croissance annuelle diminuera de 6% à 3%, tel que prévu par le gouvernement Trudeau, mais pourrait être bonifiée si le PIB canadien dépasse ce seuil. Québec recevra donc 8,5 milliards$ cette année.

«On aurait préféré qu’on maintienne à un rythme plus élevé l’augmentation des transferts, surtout au moment où les pressions augmentent sur le système de santé», a convenu le premier ministre Philippe Couillard vendredi.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, parle carrément d’une «diminution» de l’enveloppe versée qui «va faire en sorte que nous ne pourrons pas développer des services pour 100 000 personnes supplémentaires» en soins à domicile.

Gaétan Barrette rappelle que les besoins vont demeurer, malgré la baisse des transferts. «Pour moi, ça ne peut pas être un dossier qui est clos», assure le ministre.

Fédéralisme asymétrique

En coulisse, on souligne que Québec recevra aussi «plusieurs centaines de millions» dans le prochain budget fédéral provenant des sommes qu’Ottawa investira pour créer un service de garde pan-Canadien.

Puisque le Québec compte déjà un réseau de CPE, et en vertu du fédéralisme asymétrique, le gouvernement Couillard pourra investir ces fonds dans les services, plutôt qu’en infrastructure, bonifiant ainsi l’enveloppe globale reçue d’Ottawa.

Québec obtient aussi 2,5 milliards$ sur 10 ans (69 M$ cette année) qu’il pourra dépenser en vertu de ses propres priorités, notamment en santé mentale ou les soins à domicile.

De plus, la province recevra 25 M$ supplémentaires qui iront dans la formation des super infirmières.

Le premier ministre prévoit ainsi pouvoir hausser le budget en santé de 4% cette année, une promesse électorale qu’il a été incapable de tenir depuis son élection.

Détail révélateur, l’annonce de cet accord important a été faite par communiqué, sans conférence de presse.

Le premier ministre Justin Trudeau refuse de voir un échec du fédéralisme dans ces ententes à la pièce avec les provinces. «C’est un beau jour pour le Canada, c’est un beau jour pour le fédéralisme», a-t-il commenté, en anglais.

Entente «à rabais»

Le Parti québécois n’est pas de cet avis et y voit un «important recul» sur la croissance des transferts, ainsi qu’un simple maintien de «ce qui existait déjà» sur la question du fédéralisme asymétrique. «Cela démontre, une fois de plus, l’échec du fédéralisme de collaboration et de complaisance du premier ministre ainsi que l’incapacité du gouvernement libéral à défendre les intérêts du Québec», a commenté le porte-parole en matière de relations Québec-Canada, Nicolas Marceau.

«On constate que le gouvernement du Québec a signé à rabais l’entente avec le fédéral, estime, pour sa part, le porte-parole de la CAQ en matière d’affaires intergouvernementales canadiennes, Simon Jolin-Barrette. On laisse de l’argent sur la table.»