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Patients délaissés et climat «bordélique» après des fusions

Le syndicat des infirmières dénonce les problèmes vécus depuis l’automne

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Photo Héloïse Archambault Présidente par intérim du syndicat des infirmières, Marie-Ève Le Breton dit envoyer des courriels tous les jours à la direction pour soulever des problèmes. Une pétition circule actuellement pour exiger une réorganisation.

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Patients oubliés, confusion dans les horaires, infirmières en pleurs: la fusion des unités à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont est «bordélique» depuis l’automne dernier, dénonce le syndicat.

«C’est cacophonique, c’est le bordel partout. Les filles callent malades pour éviter d’être changées de département», résume Marie-Ève Le Breton, présidente par intérim du syndicat des infirmières de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Fusion de 11 unités

En septembre dernier, la direction a réorganisé les soins infirmiers sur les unités de médecine et de chirurgie.

En fait, les 10 unités ont été fusionnées en trois entités. Selon la direction, cette réorganisation vise à «stabiliser les équipes» et améliorer la performance et l’accès. Dans la foulée, environ 80 nouveaux postes ont été créés.

Or, les infirmières et préposés doivent désormais travailler sur plusieurs étages. Même celles qui détiennent plus de 20 ans d’expérience dans un département sont maintenant appelées à travailler dans une nouvelle aile.

«Il n’y a plus aucune continuité de soins, l’équipe change constamment, dit Mme Le Breton. Mais une infirmière qui travaille en chirurgie de la hanche et du genou depuis 15 ans, elle a une expertise! Les infirmières ne sont pas à l’aise, et les médecins ne sont pas contents.»

Selon le syndicat, la gestion des horaires est carrément «bordélique», et crée des découvertures et du temps supplémentaire.

« Chaise musicale »

«Tous les jours, des gens se font changer d’étage, c’est la chaise musicale, dit Mme Le Breton. C’est arrivé que des patients aient été oubliés pendant une heure. Et il y a des rapports qui se perdent.»

D’ailleurs, une pétition pour demander une modification de la réorganisation circule, et a récolté 500 signatures d’employés, dit le syndicat.

Par ailleurs, une autre fusion des cliniques d’oncologie et de radio-oncologie est étudiée présentement. Selon le syndicat, les employés font circuler une pétition.

«Ça ne fonctionne pas. On espère faire reculer la direction, dit Mme Le Breton. Combien d’infirmières j’ai vu pleurer dans mon bureau...»

Du côté de la direction, on souligne qu’un problème de recrutement de personnel freine la réorganisation.

«La direction est bien au fait des difficultés rencontrées et assure un suivi étroit afin de garantir que le personnel suffisant soit déployé sur les unités. Elle s’assure également que les patients puissent bénéficier de la surveillance requise et de services de qualité», écrit le service des communications par courriel.

Selon le syndicat, certains employés sont tannés au point de vouloir partir.

«Les infirmières appliquent pour des postes dans d’autres départements parce qu’elles sont tannées de ce bordel-là», dit Mme Le Breton.