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Béland-Goyette se sent prêt

Impact de Montréal
Photo Pierre-Paul Poulin Patrice Bernier accrochera ses crampons à la fin de la saison. Louis Béland-Goyette pourrait bien suivre ses traces.

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Louis Béland-Goyette continue à apprendre et à cultiver sa ­patience. Il n’a aucune idée quand Mauro Biello l’enverra dans le feu de l’action, mais il se dit sûr d’une chose. Il se sent ­d’attaque pour ce grand moment qu’il attend avec fébrilité.

«Le jour où on fera appel à mes ­services, je serai prêt, dit-il calmement. Je le sens, je sais que je suis capable de faire une différence.»

Le milieu de terrain de 21 ans dégage une belle personnalité. Il est de commerce agréable et il s’exprime bien. Il a une bonne tête sur les épaules et les pieds sur terre.

C’est un bon début pour un athlète qui cherche à se faire une place dans son sport.

Reculer pour mieux avancer

Béland-Goyette est l’un des 10 joueurs à avoir fait ses classes avec l’Académie de l’Impact.

Son expérience en MLS se limite pour le moment aux 15 minutes qu’il avait disputées à son premier match professionnel à Foxborough, contre le ­Revolution de la Nouvelle-Angleterre, en 2014.

C’était deux jours avant son 19e anniversaire de naissance. Les choses s’étaient passées à un rythme endiablé.

Le jeune homme avait signé son premier contrat la veille avant de suivre l’équipe à Boston. La saison tirait à sa fin et il n’a pas rejoué après cette ­première rencontre.

L’année suivante, il a été cédé au Montréal FC , l’équipe de réserve, avec qui il a évolué les deux dernières ­saisons.

Avec le recul, il estime que ce fut un mal pour un bien.

«J’étais heureux de me joindre au grand club, mais je n’étais assez ­mature», continue-t-il.

«Je possédais peu d’expérience professionnelle. Le FC ne faisait pas partie de la USL avant mes débuts avec l’Impact.

«Les deux dernières années m’ont été salutaires. J’ai joué beaucoup.»

De plus, il a été capitaine l’an dernier. Ça paraît bien dans un résumé de ­carrière.

Prochaine étape

En novembre dernier, l’Impact l’a ­rapatrié dans ses rangs en lui offrant un nouveau contrat professionnel.

Biello a aimé ce qu’il a vu de lui au camp d’entraînement, mais il doit ­attendre son tour.

La prochaine étape consiste à accumuler du temps de jeu avec l’espoir qu’il saura se faire éventuellement une place au sein du onze partant.

Le jeune homme sait très bien que cela n’arrivera pas du jour au lendemain. Il figurait au nombre des 18 joueurs qui ont fait le voyage à San Jose la semaine dernière pour la première rencontre de la saison, mais il n’a pas joué.

Lors de notre rencontre hier après-midi au Stade olympique, il ne connaissait pas son statut en prévision du match d’ouverture locale contre les Sounders de Seattle ce soir.

S’il fait partie de la formation, ce sera la première fois qu’il vivra un match en tant que joueur dans le grand stade.

Difficile d’être spectateur

Il y a deux ans, il était parmi les 61 000 spectateurs qui avaient assisté à la fin du beau parcours de l’Impact en Ligue des champions de la CONCACAF contre l’équipe mexicaine América.

Même s’il n’était pas sur le terrain, il avait les nerfs en boule ce soir-là.

«Ma blonde et mes amis sont toujours surpris quand je leur dis que je suis plus stressé comme spectateur que comme joueur», raconte-t-il avec le sourire.

«C’est probablement dû au fait qu’on n’a aucun contrôle sur les événements quand on regarde un match des gradins ou devant son téléviseur. Quand je joue, c’est comme s’il y avait un mur autour de moi.»

Le joueur québécois est catalogué comme un milieu de terrain défensif.

Lors de son séjour avec le club de réserve, il a été utilisé aussi comme milieu de terrain offensif, position à laquelle évolue Patrice Bernier.

Le personnel technique de l’organisation a conclu qu’il est à sa place en tant que milieu de terrain défensif.

«Je souhaite poursuivre ma progression et je dirai la même chose tant et aussi longtemps que je jouerai», ajoute-t-il.

«On peut s’améliorer jusqu’à notre dernier match. Il y a encore beaucoup de choses sur lesquelles je dois ­travailler, mais je reste positif.

«Je veux aider l’Impact dans sa quête de victoires et du championnat de la MLS un jour.»

 

Qui prendra la relève de Bernier ?

 

L’Impact perdra un gros morceau lorsque Patrice ­Bernier tirera sa révérence de la compétition à la fin de la saison.

Il est à souhaiter que des joueurs québécois puissent suivre ses traces un jour.

Ça pourrait être Louis ­Béland-Goyette.

«Je l’espère bien, dit-il. ­Patrice est exceptionnel tant comme joueur que comme homme. Tout le monde le connaît. On le voit quand on est avec lui. Les gens ­s’associent à lui.

«Si je réussissais à faire seulement la moitié de ce qu’il a accompli, je serais ­satisfait.»

Bons vétérans

Béland-Goyette se considère privilégié d’être entouré de bons vétérans chez ­l’Impact.

«Laurent Ciman me donne toujours de bons conseils», raconte-t-il.

«Il me dit de rester humble et de garder les pieds sur terre. Hassoun Camara et Evan Bush – un Américain ­vivant à Montréal à longueur d’année – discutent aussi ­souvent avec moi.

«Dans d’autres cas, je regarde comment certains vétérans agissent pour apprendre.»

Béland-Goyette n’a que de bons mots également pour Didier Drogba, qu’il a eu la chance de côtoyer un peu au centre d’entraînement de l’Impact, rue Notre-Dame.

«Il a été le premier grand joueur international de l’histoire de l’Impact, rappelle-t-il. Il se présentait dans notre vestiaire (Montréal FC) en ­saluant tout le monde et en serrant la main de chacun», relate-t-il.

«Un jour, il nous a montré durant 45 minutes comment il s’y prenait pour ses coups francs.

«Ce genre de chose m’inspire. Je me dis que si des joueurs comme lui et les ­vétérans que je côtoie en ce moment prennent le temps de me parler et de me conseiller, je dois faire aussi ma part auprès des jeunes qui me connaissent.»