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Individus en mode survie

Pour réussir un poulet

Pour réussir un poulet
Photo courtoisie, Suzane O’Neill Guillaume Cyr, Hubert Proulx et Marie Michaud.

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Tout le monde rêve d’une vie meilleure et satisfaisante. Pour réussir un poulet propose une immersion dans le quotidien de ces gens qui en arrachent et qui ont envie d’améliorer leur sort.

À l’affiche à partir du 14 mars au Théâtre Périscope, la pièce de Fabien Cloutier se penche sur ces gens qui doivent faire preuve d’ingéniosité pour avoir un semblant de vie.

«J’avais envie de parler de survivance et de gens qui gèrent leur vie à la petite semaine. Il y a beaucoup de monde qui n’a pas beaucoup d’argent, qui doit être ingénieux et qui va d’un emploi à un autre pour améliorer leur sort», a lancé l’auteur aux origines beauceronnes, lors d’un entretien.

Des gens, poursuit-il, qui font des «jobines» qui peuvent, parfois, devenir illégales.

«Cette illégalité devient presque la seule manière pour eux d’aller en chercher un peu plus et améliorer leur sort. Je me suis intéressé aux gens qui se disent, à un moment donné: “Bordel, j’aimerais ça que ma vie aille mieux. Qu’est-ce que je peux faire?”», a-t-il laissé tomber.

UNE COMBINE QUI TOURNE MAL

Pour réussir un poulet raconte l’histoire de deux individus coincés dans un boulot qui ne mène nulle part et qui crèvent de faim.

«Ils se font embarquer dans un “racket” où ils doivent transporter 800 caisses d’huîtres provenant de Caraquet. Le camion prêté n’est pas réfrigéré et on peut imaginer la suite. Les gars doivent s’en sortir et écouler les huîtres

s’ils veulent recevoir leur part. Ils sont pris à la gorge et ça ne va pas bien», a indiqué Denis Bernard, qui joue le propriétaire du centre commercial qui engage les deux types dans cette combine.

Le comédien précise qu’il est difficile, aujourd’hui, d’avoir une vie convenable avec peu d’éducation.

«Il arrive quoi si tu as juste un secondaire 5? T’es dans la marde. On a privilégié l’éducation, l’université, les grosses jobs et on a oublié le reste. On n’a pas valorisé les écoles de métiers. Le système n’a rien prévu pour t’aider à t’en sortir autrement», a-t-il fait remarquer.

Fabien Cloutier, qui a reçu le Prix littéraire du Gouverneur général, en 2015, pour ce texte, appuie les propos de Denis Bernard.

«Quand tu n’as pas vraiment d’études, que tu viens d’un milieu qui n’a pas favorisé ton épanouissement, quand tu n’as pas les moyens de bien te présenter, tu es mal pris. C’est plus dur de s’en sortir», a fait savoir l’auteur, metteur en scène et comédien que l’on peut voir dans la série Les Pays d’en haut.


Pour réussir un poulet est à l’affiche du 14 au 25 mars au Théâtre Périscope. Une supplémentaire a été ajoutée le samedi 18 mars en soirée.