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Pour un théâtre équitable

Membre du collectif, la dramaturge Marilyn Perreault est l’auteure de ­Lignedebus.
Photo courtoisie EUGÈNE HOLTZ Membre du collectif, la dramaturge Marilyn Perreault est l’auteure de ­Lignedebus.

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Lassées de la sous-représentation ­féminine dans le milieu du théâtre québécois, près de 200 créatrices se sont rassemblées au sein du collectif Femmes pour l’Équité en Théâtre, qui vise à faire changer le milieu, une ­pièce à la fois.

Un courriel de trop. C’est l’étincelle qui a suffi à aviver pour de bon le sentiment d’injustice que ressent depuis longtemps la dramaturge Marilyn Perreault, une des 180 membres de ce collectif féminin.

«C’était une invitation à un événement sur la dramaturgie d’aujourd’hui. Sur les photos des auteurs présents, il y avait sept hommes et seulement une femme. C’était en novembre 2016, et je me suis ­demandé si c’était encore acceptable que ce soit le modèle qu’on nous propose», ­raconte celle qui a notamment écrit la ­pièce Lignedebus, jouée près de 50 fois en français et en anglais.

Marilyn Perreault
Photo d'archives
Marilyn Perreault

La créatrice n’a pas eu à chercher bien loin pour trouver un écho à son malaise, qui se réverbérait partout dans son cercle de collègues et amies du milieu théâtral. «Chacune de notre côté, on avait le ­sentiment que ce qu’on vivait était peut-être le produit de notre imagination. On a fini par étudier la saison théâtrale 2016-2017, et on a découvert que seulement 26 % des textes présentés étaient écrits par des femmes, et que seulement 34 % des ­metteurs en scène étaient des femmes!», s’exclame-t-elle.

Aller de l’avant

Face à des statistiques sans équivoque, le collectif en est à chercher les meilleurs moyens d’assurer une plus grande ­représentativité des créatrices. «Est-ce que ça passe par un programme de ­subventions, de prix soulignant le travail des femmes, ou de règles à établir?, ­énumère Marilyn Perreault. Pour le ­moment, on fait ­beaucoup de représentation auprès des Conseils des arts et on tente de ­documenter la situation.»

Les femmes ont également pris pour ­habitude de débarquer avec moult ballons et effusions lorsqu’une pièce écrite ou montée par une femme est présentée en ville. «C’est important de célébrer la ­réussite des femmes! Si les plus jeunes femmes ont des modèles, des exemples de succès, ça va donner envie de persévérer», croit la dramaturge.

Une lutte qui s’inscrit dans une visée bien plus grande que le seul monde du théâtre. «On s’attaque à un modèle de ­société qui donne moins de place à certains groupes, qui empêche les femmes d’avoir accès à des postes-clés, à des bons ­salaires. Il est temps de réveiller tout ce beau monde», martèle Marilyn Perreault.