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Les publicités de jouets McDonald’s contestées

Une demande de recours collectif a été déposée concernant les Joyeux Festins

Joey Zukran, l’avocat à l’origine de la demande de recours collectif, détient des centaines de jouets McDo dans son bureau.
Photo Stéphan Dussault Joey Zukran, l’avocat à l’origine de la demande de recours collectif, détient des centaines de jouets McDo dans son bureau.

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McDonald’s ciblerait illégalement les enfants avec les publicités des jouets de ses Joyeux Festins, selon un avocat montréalais à l’origine d’une demande de recours collectif contre le géant du fast food.

«Je ne veux pas passer pour un “Grinch” avec ce recours. Ce n’est pas l’offre de jouets qui est le problème chez McDonald’s, c’est la publicité pour inciter les enfants à les acheter qui est illégale», assure Me Joey Zukran.

L’avocat du cabinet LPC Avocat dénonce les affiches placées bien en évidence dans les restaurants ainsi que des publicités sur les écrans des menus à la caisse.

Incitatif pour les enfants

Selon lui, elles incitent les enfants à tirer sur le manteau de leurs parents pour leur faire payer 1,99 $ la figurine de Troll, de Minion, de Batman ou de Schtroumpf, ou à commander un menu Joyeux Festin pour profiter du jouet inclus.

C’est pour cette raison que Joey Zukran, en novembre dernier, a déposé une demande de recours collectif en vue de forcer la chaîne à dédommager les clients lésés par ces pratiques commerciales.

«McDo a juste à faire comme Burger King et donner le jouet sans en faire la publicité», dit-il.

Les règles sur la publicité destinée aux enfants, incluses dans la Loi sur la protection du consommateur, sont parmi les plus restrictives au monde.

Elles interdisent de cibler les enfants de moins de 13 ans.

Corinne Voyer, Coalition Poids
Photo courtoisie
Corinne Voyer, Coalition Poids

Pas seul

La loi interdit, entre autres, d’«inciter directement un enfant à acheter ou à inviter une autre personne à acheter un bien ou un service ou à s’informer à leur sujet».

L’avocat ne semble pas être le seul à penser que McDo agit indûment.

Il y a quatre mois, l’organisme Coalition Poids a déposé une plainte à l’Office de la protection du consommateur (OPC), qui gère cette loi, pour dénoncer les publicités des jouets Tortues Ninja et Hello Kitty sur les écrans des restaurants. L’OPC étudie la plainte.

« Agressive »

«McDonald’s est une des compagnies les plus agressives en matière de marketing destiné aux enfants», dit Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids.

En 2009, le géant a d’ailleurs plaidé coupable à une accusation de publicité illégale pour son poulet McCroquettes dans des publicités de l’émission pour enfants Ciné-Cadeau. Il a été condamné à verser une amende de 12 000 $.

En ce qui concerne la présente demande de recours collectif, le montant des dommages éventuels subis sera dévoilé si elle est acceptée par un juge. La décision devrait être prise dans les prochains mois.

McDonald’s Canada n’a pas rappelé Le Journal pour donner sa version des faits.

Grosses pointures à l’amende

Au fil des ans, l’OPC a ­permis de mettre à l’amende une petite poignée de grosses entreprises pour avoir ciblé des enfants de 13 ans ou moins dans des publicités. Voici trois exemples.

Joey Zukran, l’avocat à l’origine de la demande de recours collectif, détient des centaines de jouets McDo dans son bureau.
Photo courtoisie
  • Entreprise: Coca-Cola (boisson gazeuse Fanta)
  • Date de la condamnation: 2015
  • Publicité: Affiche placée dans une aire de jeux de La Ronde.
  • Amende: 27 664 $
  • Entreprise: Maple Leaf (saucisses Top Dogs)
  • Date de la condamnation: 2012
  • Publicité: L’entreprise a ciblé les enfants sur la chaîne Télétoon, dans des publicités pour des saucisses.
  • Amende: 10 000 $
Joey Zukran, l’avocat à l’origine de la demande de recours collectif, détient des centaines de jouets McDo dans son bureau.
Photo courtoisie
  • Entreprise: Saputo (muffins Igor)
  • Date de la condamnation: 2009
  • Publicité: Promotion des muffins Igor dans des centaines de centres de la petite enfance du Québec à l’aide de sacs promotionnels à l’effigie de la mascotte. Il s’agit de la première condamnation pour publicité destinée aux enfants.
  • Amende: 44 000 $

La loi

« Nul ne peut faire de la publicité à but commercial destinée à des personnes de moins de treize ans. » Loi sur la protection du consommateur