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Entreprise au passé douteux à l'Assemblée nationale: Couillard mal à l'aise

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard
Photo Simon Clark Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

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La présence d'une entreprise qui a déjà été associée aux Hells Angels sur le chantier de l'Assemblée nationale indispose Philippe Couillard, qui n'a pas pour autant l'intention de passer toutes les firmes qui font affaire avec l'État au peigne fin.

«Personne n'est à l'aise avec la situation», a convenu mardi le premier ministre.

Coffrages Synergy a obtenu un contrat de 2,7 millions $ pour la modernisation du Parlement, qui vise à améliorer la sécurité des députés. Cette compagnie, dont le fondateur a déjà fait les manchettes pour ses liens avec des membres du crime organisé, tente en vain depuis deux ans de décrocher sa certification de l'Autorité des marchés financiers (AMF), a révélé Le Journal.

Les travaux visent à ajouter des salles et une nouvelle zone sécurisée.
Photo courtoisie
Les travaux visent à ajouter des salles et une nouvelle zone sécurisée.

Le gouvernement libéral estime néanmoins qu'il n'est pas souhaitable d'obliger toutes les entreprises qui soumissionnent sur des contrats publics à montrer patte blanche, comme le réclament les partis d'opposition.

Le seuil des contrats publics visés par les mesures de probité est passé progressivement de 40 à 5 millions $. Le plafond devait diminuer jusqu’à 100 000 $, mais le ministre Pierre Moreau en a décidé autrement.

«Ce n'est pas la solution. La façon de faire, ce n'est pas d'abaisser les seuils, puisque ce que vous feriez, c'est que vous créeriez un engorgement et à l'UPAC et à l'AMF, a plaidé mardi le président du Conseil du trésor, talonné par le Parti québécois. Des contrats de 5 millions $ et plus, il y en a 128, et des contrats de 5 millions $ et moins, il y en a un peu moins de 8100!».

Selon lui, il faut plutôt miser sur des vérifications ponctuelles, comme son gouvernement le propose dans le projet de loi 108 qui crée de l'Autorité des marchés publics (AMP).

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard
Photo SIMON CLARK

«Quelque soit la valeur du contrat, l'AMP pourra intervenir s'il estime qu'il y a lieu d'intervenir, en raison de la composition de l'actionnariat, du conseil d'administration ou des risques liés à un contrat donné», a précisé Pierre Moreau.

L'opposition dénonce cette décision du gouvernement Couillard et réclame que toutes les règles d'attribution des contrats publics de 100 000$ et plus soient resserrées. «C'est le laxisme éthique des libéraux à l'oeuvre aujourd'hui», a déploré mardi le chef péquiste Jean-François Lisée.

«Ça n'a pas de bon sens qu'un contracteur qui était associé aux Hells Angels reçoive un contrat en plus à l'Assemblée nationale!», a renchéri François Legault. Selon le chef caquiste, les libéraux démontrent qu'ils n'attachent pas d'importance à la lutte à la corruption.