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L’indépendance se prépare à Ottawa, dit Martine Ouellet

Martine Ouellet
Photo Simon Clark Martine Ouellet

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Les prochains combats pour la souveraineté du Québec seront menés à Ottawa, assure Martine Ouellet, qui sera couronnée cheffe du Bloc québécois mardi après-midi.

Son unique rival potentiel, Félix Pinel, a déclaré forfait lundi soir.

«À force de réflexion et de discussion, j’en suis venue à la conclusion que la meilleure place pour préparer l’indépendance est à Ottawa. Parce que tous les pouvoirs qui nous manquent pour être un nouveau pays à l’ONU, sont tous à Ottawa. Les autres, on les a», a-t-elle affirmé en conférence de presse à Québec mardi matin.

Elle cite en bloc les traités internationaux, les paiements de péréquation et les lois sur l’immigration et le transport.

Si elle croit que l’indépendance se prépare à Ottawa, Martine Ouellet entend tout de même respecter l’échéancier établi par l’élection de Jean-François Lisée à la tête du Parti québécois, soit un référendum sur la souveraineté après 2022.

«L’échéancier est déterminé parce que c’est le gouvernement, à travers le gouvernement du Québec, que se réalisera l’indépendance, dit Martine Ouellet. Mais je crois que ce sera beaucoup à travers le Bloc québécois qu’elle va se préparer.»

Rôle bicéphale

Malgré ses nouvelles fonctions à Ottawa, Martine Ouellet entend continuer à siéger comme députée indépendante à Québec. Elle travaillera les lundis comme cheffe du Bloc québécois, siégera du mardi au jeudi à Québec, puis se consacrera au travail en circonscription le reste de la semaine.

Mais la cheffe-députée devra faire des choix. Mercredi prochain, elle sera à Ottawa pour le dépôt du budget fédéral, même si l’Assemblée nationale siège ce jour-là. «C’est vraiment un événement important, le dépôt du budget, donc il est prévu que je me déplace à Ottawa», dit-elle, faisant valoir que des ministres s’absentent aussi du Salon bleu pour des événements importants. Ces conflits d’horaire seront rares, assure-t-elle.

Son rôle bicéphale demeure critiqué à Québec, tant par ses ex-collègues péquistes que par le gouvernement libéral. «Je pense qu'il serait préférable qu'elle ne siège pas, mais c'est la cheffe du Bloc québécois, elle prend les décisions qui lui reviennent», a réitéré mardi le chef du PQ, Jean-François Lisée.

Pour sa part, le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, estime que la députée doit démissionner. «Si elle ne le fait pas, c’est parce qu’elle avoue clairement, à la population, qu’elle veut recevoir le financement, le paiement de son salaire comme cheffe du Bloc [québécois] à partir de l’Assemblée nationale», dit-il.

Virage indépendantiste

Par ailleurs, alors que son prédécesseur, Gilles Duceppe, disait défendre les intérêts de tous les Québécois à Ottawa, Martine Ouellet, a lancé qu’elle sera la «représentante de l’ensemble des indépendantistes» à Ottawa.

La future cheffe a ensuite corrigé le tir en soulignant qu’elle défendra aussi les intérêts de tous les Québécois. «Oui, il va y avoir un peu une évolution dans le rôle du Bloc québécois : un rôle de défendre les intérêts du Québec, très clairement — et les consensus au Québec, ça on va continuer ce rôle-là —, mais aussi le rôle de préparer l’indépendance du Québec», a-t-elle précisé.

«Les électeurs qui souhaitent voter pour un bon député, qui va s’intéresser et qui va défendre les intérêts du Québec, ils vont voter pour un député du Bloc québécois, parce que, on le voit, que ce soit le NPD, que ce soit le Parti conservateur ou le Parti libéral, ils ne défendent pas les jobs au Québec», affirme-t-elle.