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Michel dans les secousses de PBC

Yvon Michel travaille très fort à développer son entreprise pour l’asseoir solidement sur le marché local.
Photo d’archives, pierre-paul poulin Yvon Michel travaille très fort à développer son entreprise pour l’asseoir solidement sur le marché local.

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Ce n’est pas encore la catastrophe mais tous les signes ­indiquent que les investissements de plusieurs centaines de millions de dollars injectés dans la boxe par Al Haymon en créant Premier Boxing Champions ­naviguent dans des eaux pour le moins tumultueuses.

Et la tempête qui secoue PBC a des conséquences directes sur les activités du promoteur Yvon Michel et de GYM.

Selon des sources d’information diverses contactées au cours des dernières semaines, il est déjà confirmé que les quatre promoteurs associés à PBC, Yvon Michel, Leon Margolis, Lou DiBella et Tom Brown, ont vu leurs ­revenus fondre dramatiquement au cours de la dernière année. Certains d’entre eux ont dû souvent attendre trois ou quatre mois avant de recevoir les sommes qu’on leur devait.

Même Artur Beterbiev a dû patienter plus de deux mois avant de toucher son chèque pour son combat du 23 décembre au Casino du Lac-Leamy. L’argent de PBC se faisait attendre. Par contre, les paiements à Lucian Bute et à Eleider Alvarez pour la ­soirée du 24 février à Québec se font selon le calendrier prévu. Mais PBC n’était pas impliquée dans la soirée.

Par ailleurs, le gala du 29 avril à New York, où Adonis Stevenson doit défendre sa ceinture WBC contre Sean ­Monaghan, n’est pas encore sécurisé. Yvon Michel et le groupe GYM seront les promoteurs de l’événement, mais selon des sources à New York, Al ­Haymon n’est pas encore arrivé à une entente avec Yvon Michel.

BOXEURS MÉCONTENTS

L’arrivée de PBC dans la boxe a complètement révolutionné l’industrie. La compagnie créée par Al Haymon a versé des centaines de millions pour acheter le temps d’antenne d’une douzaine de réseaux de télévision. Y compris les quatre grands aux États-Unis: CBS, NBC, ABC et Fox. On a vu arriver jusqu’à 17 camions-remorques lors de certains galas PBC présentés à la télé américaine. C’était fou.

L’argent était garroché par les fenêtres et plusieurs se disaient que ça ne pouvait durer très longtemps. Kathy Duva, présidente de Main Event, se plaignait que l’entrée en scène d’Al Haymon avait créé une inflation qui serait très nuisible à l’industrie de la boxe professionnelle.

Oscar De La Hoya et Golden Boy Promotions ont réagi en entamant des poursuites pour 300 millions $. ­Poursuites qu’un juge américain a ­invalidées.

Mais ce faisant, Al Haymon a créé un monstre qu’il tente maintenant de maîtriser. Il est confirmé que les cachets mirobolants versés à certains boxeurs sans charisme ou incapables de vendre 100 tickets ont été drastiquement réduits.

À ses trois derniers combats, ­Andrzej Fonfara a touché respectivement 650 000 $, 400 000 $ et... 55 000 $.

Les boxeurs sont mécontents pour deux raisons principales. PBC n’arrive pas à les faire boxer à la télévision aussi souvent qu’on leur avait promis. Et leurs bourses ont beaucoup diminué. Sauf pour des vedettes comme Adonis Stevenson et Artur Beterbiev. Des vedettes dans le ring qui ne vendent pas beaucoup de billets, faut-il le rappeler.

GYM : MARCHÉ LOCAL

Le problème auquel font face les boxeurs est le manque d’alternative. Ils ont été gâtés par les largesses de Haymon et de PBC. Où peuvent-ils aller s’ils sont mécontents. La guerre entre les réseaux a forcé HBO à rationaliser ses frais de production et à couper dans sa programmation de boxe.

Ça ne veut pas dire que PBC est en faillite ou qu’Al Haymon est cassé. Mais ça veut dire que PBC et Haymon, qui gaspillaient leurs millions il y a deux ans, comptent maintenant chaque dollar. Et que des promoteurs qui pouvaient recevoir un quart de million pour organiser une soirée de boxe à Chicago avec 4000 spectateurs devront accepter quelques dizaines de milliers de dollars pour le même travail.

Le cas d’Yvon Michel est différent puisqu’il peut se rabattre sur le marché local pour tirer son épingle du jeu. D’ailleurs, depuis quelques mois, on note que Michel travaille très fort à développer son entreprise pour l’asseoir solidement sur le marché local. Le gala de Québec avec Bute et Alvarez a fait de l’argent et sa série dans les casinos du Québec lui procure une stabilité que pourraient lui envier certains promoteurs américains de PBC.

Il est prématuré d’annoncer la mort de PBC. Mais on peut déjà annoncer que le dégraissage de la compagnie est commencé. Et que ça touche Yvon ­Michel et les boxeurs québécois qui ne pourront plus rêver aux millions ­faciles d’Adonis Stevenson.

Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas moyen de gagner de bonnes bourses. Des boxeurs comme David Lemieux sauront tirer leur épingle du jeu. Selon mes sources, Lemieux sera tout près du million pour son combat contre Curtis Stevens.

Mais il vend des tickets et il met des culs sur les chaises et les fauteuils ­devant les écrans de télé.

Le sceau d’approbation

Je devais halluciner. J’étais en train de lire samedi un texte de mon ancien confrère Tom Lapointe sur Facebook. Tom raconte sa vie de star à Hollywood et le connaissant bien, ça me fascine. Je me dis que c’est gros la vie de star.

Mais là, après avoir raconté comment ça fonctionnait dans les belles années sur la couverture du ­Canadien, il ajoute qu’un jour de l’an ­dernier, après avoir pris un café avec Michel Therrien dans un bar ou un hôtel de Los ­Angeles, il avait voulu écrire un petit commentaire sur sa page Facebook.

Mis au courant, Dominik Saillant, de l’équipe des communications du Canadien, l’avait appelé à L.A. pour lui demander de lui faire parvenir le texte avant publication sur... Facebook.

Évidemment que les fans de Tom ont fait les gorges chaudes. Et avec raison. Ce n’était plus du contrôle, c’est le ­docteur Goebbels que je me disais.

Tellement que j’ai ­vérifié avec Dominik ­Saillant c’était quoi le fond de l’histoire: ­«Simple. Tom Lapointe a invité Michel Therrien à prendre un café. Les deux hommes ont jasé. Michel n’a jamais pensé que cette conversation devait servir à écrire un texte, même sur Facebook. C’était une conversation privée. Il m’a juste demandé de vérifier ce qui en était. Je l’ai fait, à la demande du coach. Pas plus. D’ailleurs, Tom m’a dit qu’il avait décidé de ne rien publier et ça s’est arrêté là.»

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