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Un fabriquant de pita de Lachine extradé aux États-Unis

Il aurait fraudé pour plus de 3 millions $

Mohsen Youssef, le propriétaire d’une boulangerie à Lachine qui s’était présenté en modèle pour l’intégration de réfugiés syriens, sera jugé pour fraude aux États-Unis.
Photo Facebook Mohsen Youssef, le propriétaire d’une boulangerie à Lachine qui s’était présenté en modèle pour l’intégration de réfugiés syriens, sera jugé pour fraude aux États-Unis.

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Le propriétaire d’une boulangerie de Lachine présenté comme un modèle pour l’intégration de réfugiés syriens fera face à la justice aux États-Unis, où il est accusé de fraudes de plus de 3 millions $.

«Mohsen Youssef a mis au point un stratagème pour obtenir frauduleusement du financement de banques et autres organismes», affirme sans détour le procureur Avi Perry, de l’État du Connecticut.

Youssef, 26 ans, s’était pourtant illustré l’an passé en faisant une sortie publique pour annoncer l’embauche de dizaines de réfugiés syriens dans son usine de pain pita à Montréal. Il exploitait son usine au Connecticut, mais il voulait se rapprocher des réfugiés et il a donc déménagé à Lachine, avait-il dit.

Il s’agirait toutefois d’un mensonge, selon le dossier d’extradition consulté par Le Journal.

«En vérité, Amoun Pita ne faisait pas d’affaires [au Connecticut], peut-on lire dans le document de cour. Youssef se procurait du financement à travers une toile complexe de fausses représentations, incluant de la documentation frauduleuse et des faux accords.»

Selon ces documents, entre 2011 et 2015, Youssef aurait fraudé six banques et le Département de l’économie et du développement communautaires du Connecticut.

Faux documents

Dans ce dernier cas, il aurait fait une demande de prêt dans un programme de création d’emploi en mentant sur ses états de compte. Il aurait affirmé avoir plus de 200 000 $ de liquidités, alors qu’il n’aurait en fait eu que 33,63 $.

À une banque, Youssef aurait demandé un prêt pour acheter de l’équipement d’une autre compagnie en présentant de fausses factures et des états de compte fabriqués de toute pièce.

«Le prêt est en défaut de paiement», peut-on lire dans le document de cour.

Dans un cas, le spécialiste du pain pita aurait même créé de faux sites internet afin de donner plus de crédibilité aux faux rapports qu’il aurait fabriqués, indi­que la demande du procureur du Connecticut.

Mais la justice américaine l’a finalement rattrapé, car même s’il a réellement créé une usine de pain pita à Lachine l’an passé, les autorités ont réclamé son extradition en janvier dernier. Vendredi passé, au palais de justice de Montréal, Youssef a décidé de ne pas contester la demande d’extradition, si bien qu’il sera prochainement jugé aux États-Unis.

Ni M. Youssef ni sa compagnie Amoun Foods n’ont rappelé Le Journal.