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Un grand jour

Le «Pro Day» d’Antony Auclair, au PEPS, n’avait certainement rien de banal.
Photo Didier Debusschère Le «Pro Day» d’Antony Auclair, au PEPS, n’avait certainement rien de banal.

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C’était un grand jour, certes, pour Antony Auclair, sous les yeux de la NFL. Mais plus encore, c’était un grand jour pour le programme du Rouge et Or qui voit l’un des siens briller et encore plus pour le petit monde du football québécois, qui voit plus que jamais auparavant les frontières tomber.

Le «Pro Day» d’Antony Auclair, au PEPS, n’avait certainement rien de banal. Il suffit de s’arrêter un instant pour en réaliser l’ampleur. Pas moins de 17 équipes du circuit de football le plus relevé au monde ont jugé qu’il valait la peine de s’offrir une petite virée à Québec par un froid sibérien pour aller épier l’ailier rapproché à l’entraînement.

Deux autres se sont désistées et ça ne signifie pas que les absentes n’avaient aucun intérêt.

C’est énorme, lorsque l’on pense que Laurent Duvernay-Tardif, il y a trois ans à peine, avait attiré neuf équipes à McGill lors du même événement.

C’est dire à quel point le parcours inspirant du garde des Chiefs, qui vient de conclure un pacte de cinq ans pour plus de 41 millions, a ouvert les yeux d’une ligue jusque-là plutôt rébarbative aux joueurs venus du grand Nord!

UNE SOLIDE PRESTATION

Sous la loupe de la NFL, blessé à la jambe et seul devant la meute, Auclair a fait solide impression. Avant même sa prestation, cinq équipes avaient déjà signalé qu’il représentait un espoir suffisamment intrigant pour qu’elles le reçoivent en entrevue dans leurs quartiers généraux, dans les semaines à venir. D’autres visites pourraient s’ajouter.

Pourtant, la cuvée actuelle d’ailiers rapprochés au prochain repêchage de la NFL, du 27 au 29 avril, s’annonce comme l’une des plus illustres de l’histoire, au dire de bon nombre d’analystes chevronnés.

Dans un tel contexte, aucune équipe de la NFL qui se respecte ne perdrait son temps, son énergie et son argent à observer Auclair de plus près et à lui faire les yeux doux si le représentant du Rouge et Or n’avait aucune valeur. Oubliez ça! Les politesses, même les plus élémentaires, n’ont plus leur place à ce niveau.

En faisant fi de sa blessure pour se prêter à tous les tests physiques exigés, sans répit et sans rechigner, Auclair s’est non seulement rendu service à lui-même, mais aussi au football québécois.

De plus en plus, la NFL est consciente qu’en dépit d’une réglementation et d’une technique différentes, les joueurs d’ici ont beaucoup à offrir. Le coeur au ventre n’a rien de géographique, ni l’attitude exemplaire.

D’ailleurs, un recruteur des Packers et ancien porteur de ballon dans la NFL, Alonzo Highsmith, a bien expliqué la situation après l’entraînement d’Auclair.

Devant plusieurs joueurs du Rouge et Or venus encourager leur coéquipier, Highsmith a résumé l’essentiel du message porteur d’espoir du jour.

«Peu importe où tu joues... Si tu es bon, on va te trouver.»

Que les joueurs talentueux et travailleurs acharnés d’ici se le tiennent pour dit. Si la NFL ne doit pas être considérée par tous comme la finalité, elle n’a cependant plus rien d’un rêve inatteignable.