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Les deux hommes extirpés de leur véhicule 18 heures après l'appel de détresse

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Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud | Prisonniers de leur camionnette après avoir percuté une énorme lame de neige près de Montmagny, deux employés de l’entreprise Transport Gilmyr ont trouvé la mort, alors qu’ils attendaient les secours.

La ville de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud était coupée du monde mercredi, où deux employés de Transport Gilmyr, Pierre Thibault et Michael Fiset, ont perdu la vie. Ils sont morts asphyxiés dans une grosse camionnette, pris dans un amas de neige d’une hauteur de dix pieds devant le 115 de la rue Principale, tout près de l’autoroute 20.

Pierre Thibault, une des deux victimes
Photo courtoisie
Pierre Thibault, une des deux victimes

Les deux hommes avaient quitté le travail quelques minutes plus tôt, mais ne sont jamais arrivés à la maison. «On a deux gars qui sont partis hier [mardi] et on n’a plus de nouvelles depuis», racontait le directeur général de l’entreprise de transport, Marcus Deschênes, mercredi soir.

«On a donné leur nom à la SQ tôt le matin, mais depuis ça on n’a eu aucune nouvelle», expliquait en soirée M. Deschênes. Une proche d’une des victimes a confirmé au Journal que les familles avaient eu confirmation du décès en fin de soirée mercredi, 24 heures après l’appel à l’aide des deux hommes.

Sur une page Facebook de l’entreprise, des collègues préoccupés s’inquiétaient aussi du sort de leurs confrères durant la journée de mercredi. L’un d’entre eux indique même avoir communiqué avec Pierre Thibault et Michael Fiset dans la nuit et avoir tenté de leur porter secours sans être capable de se rendre au véhicule des deux hommes. «Pierre était à bout de souffle», raconte cet employé de Transport Gilmyr.

Lame de neige

L’identité judiciaire a réussi à extirper les corps des deux hommes seulement en journée mercredi, tellement la voiture était ensevelie sous une épaisse et lourde neige. «Ce n’est pas la première fois que la route est coupée en raison d’une lame de neige», a relaté au Journal Martin Petit, un homme qui habite à quelques mètres d'où a eu lieu le drame.

Martin Petit
Photo Stevens LeBlanc
Martin Petit

Rencontré devant la scène, le maire de la municipalité, Alain Fortier, comprend mal ce qui a pu se produire la nuit dernière, surtout que la population avait été alertée de l’arrivée de cette tempête.

«On le sait qu’ici la route ça ne passe pas», a affirmé le maire, avouant que la municipalité a été incapable de déneiger ses chemins mercredi en raison de la puissance des vents. «On le fait toujours, mais, hier, c’était impossible, toutes les entreprises restaient prises dans les fossés. Les gars ne voyaient rien.»

Recherches dramatiques

Mardi soir, vers 23 h 30, les patrouilleurs de la Sûreté du Québec (SQ) ont reçu un appel d’un homme qui était en détresse. «Il disait s’être enlisé. L’autre personne faisait une crise d’asthme. Sûrement parce qu’il manquait d’air parce qu’il y avait trop de neige sur le toit», a indiqué Martine Asselin, la porte-parole de la SQ.

En raison de la neige, les ambulanciers n’ont pas réussi à se rendre sur place. Les policiers ne pouvaient pas se rendre en véhicule. La circulation était impossible.

Ils ont toutefois réussi à géolocaliser le téléphone de l’homme, mais, même en motoneige, ils n’ont pas réussi à trouver la voiture en raison des grandes accumulations.

«Ils ont tenté en rampant au sol de trouver le véhicule. Mais il y avait trop de neige au-dessus des véhicules. Ils se sont également enlisés. Ils ont réussi à se réfugier dans une résidence», a expliqué Mme Asselin, soulignant qu’ils ont dû faire appel à de la machinerie lourde. Trois autres véhicules étaient aussi pris au même endroit et les occupants s’en sont toutefois sortis sains et saufs.

Décès supplémentaires

Un piéton a également été happé mortellement par une déneigeuse, à Saint-Anselme dans Bellechasse. Selon la Sûreté du Québec, l’accident est survenu vers 6 h, sur la rue principale, alors que la victime circulait en bordure de la chaussée. Le conducteur de la déneigeuse a subi un violent choc nerveux et a été transporté à l’hôpital.

— Avec la collaboration de Pierre-Paul Biron et Elisa Cloutier