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Hey, toi, le jeune!

Jean-François Lisée
Photo d’archives Jean-François Lisée

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Soyons francs.

Si j’étais jeune, de gauche et souverainiste, je voterais Québec solidaire. Sans aucune hésitation.

Pourquoi ? Parce que lorsqu’on est jeune, on n’a pas le temps d’attendre. On veut des changements, et tout de suite.

Pas des réformes, mais des révolutions.

Et puis, quand on est jeune, on ne vit pas les pieds sur terre, mais la tête dans les nuages.

Normal : qui veut d’une jeunesse sage, prudente, rentière ?

La jeunesse ne s’économise pas, la jeunesse ne calcule pas. La jeunesse se dépense.

Sans compter.

Elle rue dans les brancards et demande l’impossible.

C’est la tâche des vieux de gérer la colonne des revenus et des dépenses.

JEUNE VIEUX, VIEUX JEUNE

Ce qui nous amène à la question quiz de l’année : pourquoi Jean-François Lisée s’entête-t-il encore à cruiser les jeunes souverainistes de gauche ?

La partie est perdue ! Finie, terminée !

Lisée est à Gabriel Nadeau-Dubois ce que la statue de cire de Céline est à Céline : une copie.

Un duplicata en plus pâle.

Pourquoi un jeune choisirait une photocopie quand il peut avoir l’original ?

C’est plate, mais c’est la vie : Jean-François Lisée (comme moi, d’ailleurs) a déjà été un jeune turc. Cette époque est révolue.

Il est maintenant un homme d’un certain âge que l’on vouvoie.

J’ai toujours trouvé pathétiques les gens qui s’accrochent à leur jeunesse perdue. Il a beau faire des blagues sur Internet aux côtés de Paul St-Pierre Plamondon (un jeune qui n’a de jeune que l’âge, comme Léo Bureau-Blouin), le chef du PQ ne réussira jamais à faire vibrer les jeunes autant que GND.

C’est peine perdue.

Pourquoi monsieur Lisée, qui est intelligent, n’en tire-t-il pas les conclusions qui s’imposent ?

Ça ne sert à rien de cruiser une clientèle qui ne veut pas de toi. Tu ne fais que t’enfoncer dans le ridicule.

LE « FIN STRATÈGE »

Comme a dit François Legault : «Je ne comprends pas où il s'en va. Je n'arrive pas à le suivre. Habituellement, ses tactiques, on les voit venir, mais là je ne comprends pas... »

Le chef de la CAQ n’est pas seul à ne pas comprendre Jean-François Lisée. De plus en plus de péquistes sont confus.

C’est bien beau, jouer au fin stratège. Mais un moment donné, faut que ta stratégie aboutisse à quelque chose.

Une stratégie ne devrait pas être une fin, mais un moyen.

Québec Solidaire a autant besoin du PQ que vous, d’une troisième fesse.

Ils ont une LGBT et un jeune militant radical comme porte-paroles. Qu’est-ce que vous voulez qu’ils fassent avec un quinquagénaire blanc hétérosexuel ?

Au contraire, ça leur enlèverait des votes !

Pendant que le chef du PQ essaie de se prendre en selfie à côté de GND, des nationalistes « réalistes » lèvent les feutres et prennent le chemin de la CAQ.

Ne sont-ce pas ces gens que monsieur Lisée devrait tenter de séduire ?

Le chef du PQ a toujours voulu représenter la «gauche réaliste», à la Tony Blair. Or, au Québec, cette gauche fond comme neige au soleil.

Il y a la gauche radicale. Et des réalistes de droite.

Le temps est venu pour monsieur Lisée de choisir son camp.