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La maison des fous au MTQ

Le ministère a prévu pas moins de 94 étapes pour guider sa prise de décision en cas de situation d’urgence

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Pourquoi 300 automobiles ont-elles passé la nuit immobilisées sur l'autoroute 13, en pleine tempête? Une partie de la réponse se trouve dans la complexité des plans d'intervention du ministère des Transports (MTQ).

La prise de décision du ministère dans des situations comme le blizzard de mardi et mercredi repose sur un processus qui comporte non moins de 94 étapes selon la gravité de l'événement. Les diagrammes qui illustrent les étapes à franchir ressemblent à de véritables toiles d'araignée.

Ils sont contenus dans le Plan ministériel de mesures d'urgence, un document qui fait lui-même près de 300 pages, révisé pour la dernière fois en mars 2016.

Nous reproduisons l'organigramme B, appliqué lors d'une situation d'urgence qui entraîne la «fermeture d'une autoroute ou d'une route nationale», comme ce qui s'est produit mardi soir.

Urgence ou pas ?

Mais au fait, qu'est-ce qu'une situation d'urgence? Dans ce document, le MTQ admet ne pas le savoir hors de tout doute.

«D’un point de vue gouvernemental, il n’existe pas de balises qui permettraient au ministère de paramétrer la définition et l’application de la notion d’urgence. En ce sens, il faut innover», écrivent les fonctionnaires.

Hier, sans pointer directement un responsable, le ministère des Transports, la Sécurité publique, la Sûreté du Québec et la Ville de Montréal tentaient de refaire le fil des événements pour savoir ce qui n’a pas fonctionné.

«À un moment donné, notre capacité d’intervention a été dépassée par le niveau d’accumulation de neige», a soutenu Sarah Bensadoun, porte-parole du MTQ.