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La tempête parfaite

Pourquoi se préparer quand on peut improviser?

Lendemain de tempête de neige
Photo Ben Pelosse

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Nous ne sommes tellement plus habitués d’avoir de gros hivers que lorsqu’il y a une vraie tempête, nous sommes pris de court.

Comme s’il n’avait jamais neigé auparavant.

Pourtant, aux dernières nouvelles, le Québec était un territoire nordique. Où il neige chaque année.

Mais chaque fois, c’est la même chose.

Nous réagissons comme si nous étions des réfugiés syriens qui voient de la neige pour la première fois.

«Hein, c’est quoi ça?»

AUCUNE PRÉPARATION

Ce n’est pas comme si on ne nous avait pas avertis.

Ça fait des jours que tous les météorologues le répètent du matin au soir et du soir au matin: «Attention, il va y avoir une tempête! Préparez-vous! Tenez-vous prêts! Ça va tomber!»

Mais non. On ne s’est pas préparés.

Avec le résultat que des automobilistes bloqués ont dû attendre neuf heures dans leur véhicule avant de voir une autopatrouille passer.

C’est le Québec, ça.

On ne réagit que lorsqu’on est devant le fait accompli. Au lieu de se préparer, on attend d’être dans la merde jusqu’au cou pour «gosser» une solution.

Regardez l’économie.

Ça fait combien d’années que les spécialistes disent qu’on se dirige droit dans le mur?

J’entends ça depuis mon adolescence.

La pyramide démographique, la dette, le vieillissement de la population, le ratio retraités-travailleurs, la pression mise sur les soins de santé par des gens qui vivent de plus en plus vieux, le Québec pauvre en riches et riche en pauvres, les programmes sociaux chromés, les fonds de pension, etc.

On sait qu’on s’en va dans le mur.

À la vitesse grand V, en plus.

Mais qu’est-ce qu’on fait pour amortir le coup?

Rien.

On se dit que le mur va se tasser à la toute dernière minute, par miracle.

Comme les nuages au-dessus de nos têtes.

ATTENDEZ CET ÉTÉ

Et puis quand le drame se produit, quand l’inévitable arrive, on se choque, on pogne les nerfs.

Et on cherche des coupables.

Regardez bien ce qui va arriver cet été. Un moment donné, quelque part en juillet, on va se retrouver en pleine canicule.

Des températures record, qui vont transformer les trottoirs en œufs au miroir et qui vont mettre en danger la santé des enfants et des personnes âgées.

Tout le monde va se pointer chez le quincaillier en même temps pour acheter des ventilateurs ou des climatiseurs.

Et devinez quoi? Il n’en restera plus.

On ne pourra plus répondre à la demande.

Et là, on va se choquer.

Comme si c’était la première fois qu’il y avait une canicule l’été.

Incapables de prévoir, je vous dis.

PLUS VITE!

Non seulement on ne prend pas le virage économique qui s’impose pour éviter le mur qui se rapproche, mais certains, comme Québec solidaire, veulent qu’on «pèse sur la suce» encore plus.

Au lieu de rentrer dans le mur à 180 km/h, ils veulent qu’on rentre dans le mur à 220 km/h!

Encore plus de dépenses! Plus de fonctionnaires! Plus de programmes sociaux!

Et après ça, quand on va se retrouver au beau milieu de la tempête, ils vont blâmer la météo.

Toujours la même histoire.