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Washington reconnaît une frappe en Syrie, 46 morts dans une mosquée

Washington reconnaît une frappe en Syrie, 46 morts dans une mosquée
Photo AFP

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AL-JINEH - Les États-Unis ont reconnu avoir effectué une frappe dans le nord de la Syrie contre Al-Qaïda, mais nient avoir délibérément visé la mosquée où au moins 46 personnes ont péri.

La plupart des victimes du raid de jeudi soir dans le village d’al-Jineh dans la province d’Alep sont des civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

D’après l’OSDH, ce village est entièrement contrôlé par des groupes rebelles et non par des jihadistes qui se trouvent ailleurs dans cette province et celle voisine d’Idleb.

La coalition internationale sous commandement américain mène des frappes aériennes contre des groupes jihadistes en Syrie et en Irak depuis 2014 qui, selon elle, ont provoqué involontairement la mort de centaines de civils.

«Nous n’avons pas visé une mosquée, mais le bâtiment que nous avons ciblé, là où avait lieu le rassemblement d’Al-Qaïda, se trouve à environ 15 mètres d’une mosquée qui est toujours debout», a plaidé jeudi soir le colonel John J. Thomas, porte-parole du Centcom, le commandement des forces américaines au Moyen-Orient.

Le Centcom a confirmé qu’il s’agissait bien du même raid rapporté sur le village d’al-Jineh, à 30 km à l’ouest de la ville d’Alep. «Nous allons enquêter sur les allégations selon lesquelles cette frappe aurait fait des victimes civiles», a déclaré le colonel Thomas.

J’ai vu 15 cadavres

Selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, une centaine de personnes ont également été blessées dans ce raid aérien.

Par peur de nouvelles frappes, la prière du vendredi a été annulée dans plusieurs localités et villages de la province d’Alep.

Le correspondant de l’AFP sur place a vu des habitants et des Casques blancs, ces secouristes des zones rebelles de Syrie, fouillant les décombres à l’aide de torches et de pelles.

D’autres tentaient avec leurs mains de dégager les débris à la recherche d’éventuels survivants.

Une partie du bâtiment religieux a été entièrement détruite, avec à proximité des voitures carbonisées.

«Nous avons entendu des explosions quand la mosquée a été frappée. C’était juste après la prière, à un moment où en général il y a des cours de religion pour les hommes», a témoigné Abou Mohammad, un habitant.

«Quand je suis arrivé, j’ai vu 15 cadavres, et beaucoup de morceaux de corps au milieu des débris. Certains corps n’étaient même pas reconnaissables», a-t-il indiqué à l’AFP.

Crime de guerre

Après la fin des opérations de sauvetage, des gémissements suivis de demande à l’aide se sont fait entendre sous les décombres et les habitants ont fait appel de nouveau aux Casques blancs.

Ahrar al-Cham, un des influents mouvements rebelles islamistes dans le nord syrien, a condamné l’attaque, affirmant que «cibler des mosquées était un crime de guerre (...) d’autant plus qu’elle était pleine de fidèles».

Un cessez-le-feu parrainé par la Russie, alliée du régime syrien, et la Turquie, soutien des rebelles, est certes entré en vigueur en décembre 2016, mais les violences ont continué dans le pays.

En Syrie, le ciel est encombré par les avions du régime syrien, ceux de la Russie, ceux de la Turquie et ceux de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

La Russie est intervenue militairement au côté du régime en septembre 2015. Mais elle a toujours démenti les accusations selon lesquelles ses raids ont tué des civils.

La coalition internationale concentre habituellement ses frappes sur les jihadistes du groupe État islamique (ÉI) et ceux de Fateh al-Cham, l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, qui occupent des régions en Syrie.

Déclenché par la répression de manifestations pro-démocratie, ce conflit est devenu très complexe avec la montée en puissance de groupes jihadistes, l’implication de forces régionales et de puissances internationales, sur un territoire très morcelé.

Au total, en six ans, la guerre en Syrie a déjà fait plus de 320 000 morts.