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Cafouillage sur l'autoroute 13 : les camionneurs ont refusé d’être remorqués

Remorquage Burstall Conrad Inc
Photo martin chevalier C’est un remorqueur de la compagnie Brustall qui a été le premier arrivé pour remorquer un des camions qui ont bloqué l’autoroute 13 mardi.

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Les camionneurs qui ont provoqué la congestion monstre sur l’autoroute 13, mardi, ont refusé de se faire remorquer, prétextant que le problème relevait plutôt du mauvais déneigement. Ils n’ont cédé que six heures plus tard, moyennant un rabais substantiel.

«Les camionneurs ont refusé de collaborer au remorquage de leur véhicule. (...) Sans entrer dans les détails, ils considéraient qu’ils n’avaient pas à être tenus responsables du fait que leur véhicule était immobilisé», a indiqué hier le capitaine Guy Lapointe, en point de presse au quartier général de la SQ.

« Ç’a jammé »

En effet, si les camionneurs qui bloquaient les voies n’ont pas voulu l’aide de la dépanneuse, c’est parce qu’ils refusaient de payer une facture de près de 2000 $, a confirmé Mike Burstall, le copropriétaire de la compagnie de remorquage qui a l’exclusivité sur ce tronçon de l’autoroute 13. «Ils disaient que leur camion fonctionnait bien, que le problème c’était la neige, qu’ils pourraient repartir lorsque les routes allaient être déblayées», a ajouté le gestionnaire de Remorquage Burstall Conrad.

Un de ses employés est arrivé sur place dès 20 h, soit 1 h 30 après la formation du bouchon monstre. Les camions étaient incapables d’avancer dans la neige. Contrairement à ce qui a été rapporté par d’autres médias hier, il n’y a eu aucune collision.

«Ceux qui ne voulaient pas payer étaient l’un à côté de l’autre, donc ç’a jammé», a dit M. Burstall.

«Si en se présentant, on se fait dire de ne pas remorquer, qu’est-ce que tu veux qu’on fasse? On ne peut pas le tirer de force», a-t-il continué. Un remorqueur n’a effectivement aucune autorité pour déplacer un véhicule si le conducteur refuse.

«Seul un agent de la paix peut appliquer le Code de la sécurité routière et faire déplacer un véhicule aux frais du propriétaire», a expliqué le président de l’Association des professionnels du dépannage du Québec, Réjean Breton.

Or, les policiers ont eu beaucoup de difficulté à se rendre sur les lieux, en raison des conditions routières difficiles. Et le premier patrouilleur arrivé est resté coincé à la queue de l’embouteillage, a aussi confirmé la SQ.

Accusations ?

Ainsi, l’ordre de faire remorquer au moins l’un des camions qui obstruaient la voie n’aurait été donné que vers 2 h. Et le propriétaire de la compagnie de remorquage a été obligé de négocier le prix de la facture à la baisse pour que les camionneurs acceptent de payer. Ainsi, la facture de 1800 $ a été réduite à quelques centaines de dollars, déplore M. Burstall.

Puis, la suite du remorquage n’a commencé qu’à 6 h mercredi matin, selon le ministère des Transports. Les enquêteurs devront ainsi déterminer si le comportement des camionneurs constitue une entrave au travail des policiers. Des accusations pénales ou criminelles pourraient être déposées. La SQ devrait aussi rencontrer les camionneurs visés par l’enquête.

– Avec la collaboration de Laurence Houde-Roy