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Tempête: le porte-parole d'Hydro-Québec lors de la crise du verglas pourfend la gestion de crise du gouvernement

FD-
Photo Agence QMI, Sylvain Denis

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Celui qui était porte-parole d’Hydro-Québec lors de la crise du verglas en 1998 n’a pas hésité à critiquer la manière dont a agi le gouvernement durant la tempête cette semaine. Steve Flanagan était en entrevue à l’émission Martineau-Trudeau sur les ondes de CHOI Radio X cet après-midi. Voici quelques citations de l’expert en relations publiques.

«J’ai été très affecté par le récit des victimes de la 20 parce que ça aurait pu être n’importe qui. J’ai eu beaucoup d’empathie pour les gens qui sont restés pris sur l’autoroute 13 et tous les risques qu’ils encouraient, mais j’ai surtout été choqué de la réponse des autorités, de la réponse gouvernementale et de l’ensemble des intervenants parce que je ne peux concevoir qu’aujourd’hui, en 2017, on ne soit pas capable de répondre adéquatement à une situation comme nous avons vécu cette semaine. Pourtant, il y a des gens compétents et nous avons une expérience qui s’est développée au cours des 25 dernières années au niveau des interventions. Par exemple, rappelez-vous le déluge du Saguenay en 1996, la crise du verglas en 1998, les évènements tragiques de Lac-Mégantic, les inondations de Saint-Jean-sur-Richelieu [...].»

«On était dans des situations qui se sont présentées de façon impromptue alors que cette fois-ci, même notre voisin de l’État de New York avait déclaré l’état d’urgence. Nous, on a pris ça à la légère, on s’est dit c’est juste une petite tempête de neige et de toute façon, "il se trompe toujours à la météo".»

«Le problème, c’est la chaine de commandement. C’est ça qui me choque encore une fois cette semaine. Au niveau de la chaine de commandement et gouvernementale, ceux qui avaient à prendre des décisions ne se sont pas parlé. On a pris les choses à la légère!»

«Ce qui peut être symptomatique d’un grave problème, c’est qu’il n’y pas eu de communication avec le public. [...] Si on s’était parlé, on aurait vu arriver dans le paysage médiatique des figures pour nous donner des indications, pour nous conseiller, pour nous orienter, pour nous dire "on est prêts", pour rappeler les règles de sécurité, etc..»

Steve Flanagan a par la suite réagi aux propos de Richard Martineau sur le fait que les ministres responsables se sont couchés sans faire d’appel pour vérifier la situation la veille de la tempête.

«Dans n’importe quelle organisation, un vice-président, avant d’aller se coucher, il regarde comment ça se passe dans sa shop

Steve Flanagan, porte-parole d'Hydro-Québec lors de la crise du verglas.
Photo d'archives
Steve Flanagan, porte-parole d'Hydro-Québec lors de la crise du verglas.

Pendant la crise du verglas de 1998

«À ce moment-là on était en état de veille, on suivait la situation et aussitôt que les évènements se sont produits, l’ensemble de l’organisation a réagi rapidement pour qu’on soit capable d’avoir un état de situation rapide pour prendre les bonnes décisions et être sur le terrain rapidement. Manifestement, ça n’a pas été fait cette semaine.»

«Ça fait 20 ans que je fais le tour du Québec pour travailler avec des institutions, travailler avec des entreprises pour faire la révision des mesures d’urgence, d’intégrer la communication et c’est incroyable de voir que, même si on a un niveau d’éveil élevé, même si on a de beaux plans, au niveau du déploiement et de la réponse terrain on semble très souvent désemparé quand une situation survient parce que c’est hors naturel. On est obligé de travailler de manière différente.»

L’expert en relations publiques s’est ensuite prononcé sur la gestion de crise du gouvernement après la tempête de cette semaine.

«Déjà qu’on ait les excuses du premier ministre je crois que c’est sans précédent dans ce type de situation. Je pense que c’était devenu nécessaire avec les sorties ratées précédentes par les ministres. Ceci dit, maintenant, il faut vraiment qu’on s’assure qu’à la prochaine situation qui peut se produire, quelle qu'elle soit, que la réponse soit impeccable.»

Pour écouter l’entrevue complète :