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Collision mortelle en plein vol

Un apprenti pilote de 21 ans perd la vie, un autre est gravement blessé dans l’écrasement de son appareil

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Deux apprentis pilotes qui volaient en solo sont entrés en collision en plein vol vendredi, faisant un mort et un blessé grave en plus de semer la panique aux Promenades Saint-Bruno où se sont écrasés les appareils.

«On a entendu un gros bang! Un gros bruit, comme quelque chose de lourd qui tombe sur l’asphalte. Puis, il y avait du monde qui criait», a raconté Linda Rouleau, qui se trouvait dans le centre commercial au moment de l’accident.

Les deux petits avions Cessna 152 de l’école de pilotage Cargair effectuaient des exercices de vol à partir de l’aéroport de Saint-Hubert, sur la Rive-Sud de Montréal, l’un des plus importants au pays en terme de trafic aérien.

Pour une raison qui reste encore nébuleuse, les appareils sont entrés en collision à plus de 1000 pieds dans les airs en début d’après-midi.

L’un des avions s’est ensuite écrasé sur le toit des Promenades Saint-Bruno, tandis que l’autre a violemment heurté le sol dans le stationnement, causant la mort du pilote de 21 ans.

L’autre pilote, âgé de 23 ans, s’en est tiré avec de graves blessures, mais sa vie ne serait pas en danger, ont confirmé les autorités en fin d’après-midi.

Pilotes chinois

Les deux hommes étaient seuls à bord de leur appareil au moment du drame. Selon des sources du milieu de l’aviation, il s’agirait d’apprentis pilotes d’origine chinoise qui se connaissaient.

De nombreux Chinois viennent à l’aéroport de Saint-Hubert chaque année pour apprendre à piloter grâce à des subventions de leur gouvernement.

Si des problèmes de communication liés à la langue ont été évoqués par nos sources pour expliquer le drame, une mauvaise visibilité causée par le soleil pourrait aussi être mise en cause.

Des enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada ont été dépêchés sur les lieux pour faire la lumière sur les événements, mais le rapport ne sera pas rendu avant plusieurs mois.

Panique aux Promenades

Par miracle, aucun passant n’a été blessé aux Promenades Saint-Bruno. Deux personnes ont toutefois été transportées à l’hôpital pour traiter un choc nerveux.

Un vent de panique a rapidement gagné les nombreux clients qui se trouvaient à l’intérieur du centre commercial quelques instants après la tragédie.

«Les gens n’étaient vraiment pas calmes, ça se poussait», a raconté une témoin de la scène.

Des personnes rencontrées sur place ont aussi fait état de la force de l’impact. «Je pensais que c’était un tremblement de terre», a expliqué une autre personne.

La direction du centre commercial a aussitôt décidé de faire évacuer les lieux.

En début de soirée vendredi les autorités avaient terminé leur expertise sur l’avion qui s’est écrasé sur le toit. Une grue a été dépêchée sur les lieux pour récupérer les débris.


Ce qu'ils on dit

«Ça a fait un gros bang, les murs [des Promenades Saint-Bruno] ont “shaké”. Les gens n’étaient vraiment pas calmes. Les gens se poussaient. C’était quelque chose.»
 
– Une témoin de l’accident
 
« «J’ai entendu un cri de mort. Quand je suis sortie, tout le monde était en train de filmer et de prendre des photos avec des téléphones.»
 
— Patricia Bon, employée de la boutique Bell aux Promenades Saint-Bruno
 
«J’ai vu l’avion tomber du ciel face première. Trente secondes avant, j’étais là où était l’avion en plus.» 
 
— Samuel Camiré, témoin de la scène
 

— Avec la collaboration de Valérie Gonthier, Maxime Landry, Maxime Deland, TVA Nouvelleset Agence QMI.

De petits avions difficiles à suivre dans le ciel

De nombreux petits avions difficiles à suivre dans le ciel décollent et atterrissent tous les jours à l’aéroport de Saint-Hubert, situé à environ un kilomètre des Promenades Saint-Bruno, où deux appareils sont entrés en collision.

On ignore toutefois pour le moment si ces avions arrivaient ou partaient de l’aéroport de Saint-Hubert.

De nombreuses écoles de pilotage sont établies à l’aéroport de Saint-Hubert, a expliqué Claude Fortin, président de FORTAS, une entreprise de service dans le milieu de l’aviation.

«Il y a beaucoup de petits avions qui volent avec des pilotes qui apprennent à piloter, a-t-il mentionné en entrevue à LCN. Il y a beaucoup de circulation; c’est le neuvième aéroport au Canada. C’est un petit aéroport, mais avec beaucoup de mouvement d’avions.»

«Tout ce trafic fait que des avions peuvent rester bas en altitude parce qu’ils vont faire des circuits pour pratiquer leurs décollages et leurs atterrissages, a souligné M. Fortin. C’est possible que malheureusement, il y ait des avions qui peuvent se percuter en plein ciel.»

Comme les appareils sont plus petits, il est aussi plus difficile de garder leur trace.

«La plupart de ces petits avions-là n’ont pas nécessairement les transpondeurs que les gros avions ont, donc la tour de contrôle va voir des avions se diriger dans leur territoire de surveillance, dit-il. Ils ne sauront pas nécessairement leur vitesse et l’altitude.»

- Agence QMI

Qu’est-ce qu’un Cessna 152 ?

  • Avion-école le plus populaire du monde
  • Il est apprécié pour sa robustesse et sa facilité d’entretien
  • Cet avion léger est utilisé par
  • Il est réputé pour pardonner beaucoup d’erreurs aux apprentis pilotes
  • Ce petit avion n’offre que deux places (un pilote et un passager)
  • Il a été produit de 1977 à 1985 par le constructeur américain Cessna
  • Environ 30 000 appareils en fonction à travers le monde
  • Vitesse maximale 204 km/h
  • Longueur : 7,3 mètres
  • Hauteur : 2,6 mètres

Qui est Cargair ?

  • Plus grande école privée de formation en pilotage au Canada
  • Elle possède quatre écoles, dans les villes de Saint-Hubert, Mirabel, Trois-Rivières et Saint-Honoré
  • L’entreprise dispose d'une flotte de 48 avions
  • Elle est accréditée pour former des pilotes chinois
  • Les Chinois représentent 50 % de sa clientèle
  • Reconnue depuis 2016 par le ministère de l’Éducation pour offrir une attestation d’études collégiales en pilotage d’aéronefs
  • Fondée en 1961, il s’agit d’une entreprise familiale de troisième génération
  • Elle forme 200 pilotes par année
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