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16 000 $ à un psychologue pour évaluer 12 élèves

En raison d’une pénurie, un professionnel de Gatineau doit se rendre au Bas-Saint-Laurent

Christine Grou
Photo courtoisie Christine Grou estime que la pénurie est causée par les conditions d’emploi moins avantageuses en milieu scolaire.

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Des commissions scolaires ont tellement de difficulté à trouver des psychologues pour travailler dans leurs écoles qu’elles font appel à des cabinets privés situés à des centaines de kilomètres de leurs installations.

Une à trois fois par année, un psychologue part de Gatineau et se rend à Amqui, un trajet de 830 km, afin de faire l’évaluation psychologique des élèves.

Selon un contrat donné par appel d’offres par la Commission scolaire des Monts et Marées dans le Bas-Saint-Laurent, il en coûte plus de 16 000 $ pour faire évaluer 12 élèves lors d’une première visite du psychologue. Chaque évaluation prend une quinzaine d’heures.

« Ça ne court pas les rues »

Depuis cinq ans, elle doit embaucher une firme de l’extérieur parce qu’elle est incapable de trouver des psychologues sur son territoire pour faire ce travail.

«On affiche le poste, mais on ne trouve pas de psychologue. Ça ne court pas les rues», affirme Julie Dionne, coordonnatrice aux services éducatifs à la commission scolaire.

Seul un psychologue, qui détient un doctorat, peut faire des évaluations.

La commission scolaire aurait préféré avoir un psychologue à l’intérieur de ses murs pour faire des suivis à plus long terme, mais elle s’accommode de cette solution.

«Lorsque les évaluations sont réalisées par du personnel de notre commission scolaire, nous considérons que le suivi à long terme est plus profitable puisque la personne demeure disponible pour d’éventuels suivis au cours des années suivantes», dit Mme Dionne.

Sur la Côte-Nord, les écoles de Fermont et Port-Cartier font aussi appel à des cabinets privés pour les évaluations psychologi­ques.

Si cette solution n’est pas idéale pour les élèves, à l’Ordre des psychologues du Québec, on se dit ravi de l’initiative. «Nous sommes préoccupés par la pénurie, mais ravis que l’on choisisse un psychologue privé là où il se trouve, faute d’avoir quelqu’un à l’interne», estime la présidente Christine Grou, également psychologue et neuropsychologue.

Peu attrayant

En général, les psychologues ne souhaitent pas exercer en milieu scolaire en raison des conditions d’emploi moins intéressantes qu’au privé puisque le psychologue est souvent limité à un rôle d’évaluation.

Les conditions salariales – 45 000 $ à 85 000 $ par année à temps complet, selon Mme Grou – sont aussi moins attrayantes que dans un cabinet privé, particulièrement au bas de l’échelle.

Heureusement, il a été tout récemment décidé que les psychologues du milieu scolaire auraient droit à une prime de 10 % comme c’est le cas dans le milieu de la santé.