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Vincent Vallières: À la croisée des chemins

Vincent Vallières: À la croisée des chemins
Photo Chantal Poirier

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Vincent Vallières «repart à zéro». Le chanteur s’est entouré d’une nouvelle équipe, de nouveaux collaborateurs, afin d’offrir Le temps des vivants, un septième album qui pourrait très bien dicter l’avenir de sa carrière.

«Un septième album, c’est le bon ­moment pour constater si tu as assez de gaz pour continuer ou si ta route va bientôt se terminer», explique Vincent Vallières.

«Je suis à la croisée des chemins; je vois tout ce que j’ai fait dans le passé, mais aussi tout ce qui me reste à faire, toutes ces portes que je peux encore ouvrir au cours des prochaines ­années», ajoute-t-il.

Le chanteur s’avoue d’autant plus conscient de la fragilité de la popularité dont il jouit, après avoir connu un ­début de carrière moins glorieux; ce n’est qu’à son troisième album, Chacun­­ dans son espace, qu’il a connu un succès considérable. Un parcours «normal», certes, mais qui lui aura ­permis d’apprendre et d’être fin prêt à devenir la star qu’il est aujourd’hui.

«Quand on commence un nouvel ­emploi, on débute au bas de l’échelle», souligne-t-il.

«Avec du recul, je réalise que j’ai été chanceux. J’ai fait des erreurs; je suis arrivé à un spectacle sans être bien préparé, j’ai dit les mauvaises choses sur scène... Mais ces apprentissages-là, j’ai pu les faire dans un anonymat relatif», poursuit-il.

Bad Luck

Attablé dans un café du centre-ville de Montréal, Vincent Vallières paraît tout de même confiant. Rencontré à quelques jours de l’arrivée du Temps des vivants sur les tablettes des ­disquaires, il surfait déjà sur la vague du succès remporté par Bad Luck, le tout premier extrait.

«On a sorti la chanson alors qu’on était encore en studio pour terminer l’album. Ça nous a donné un bon lift en voyant qu’elle tournait beaucoup sur les radios», se souvient-il.

Les mélomanes qui se procureront Le temps des vivants comprendront bien vite pourquoi Bad Luck a été choisi comme premier extrait. Selon Vincent Vallières, la chanson est le parfait ­indicateur de ce qui attend ses fans avec son nouvel opus.

«Cette chanson-là représente bien tout ce qui se trouve sur l’album, avec sa réalisation plus rugueuse, moins lisse. Et elle est à cheval entre les pièces plus catchy et les plus douces, plus près du spoken word», explique-t-il.

« Les enjeux sont différents »

Ses fans découvriront également un Vincent Vallières plus mûr sur cet album­­. Le chanteur de 38 ans estime que les personnages qu’il met en scène dans ses chansons aujourd’hui sont «ailleurs dans leur vie». Bref, ils sont le reflet des gens qui l’entourent.

«J’ai plusieurs personnes autour de moi qui ont franchi le cap de la quarantaine. Et j’en approche moi-même. Les enjeux sont différents pour les gens de ma génération. Une rupture à cet âge, ce n’est pas du tout le même genre qu’à 20 ou 25 ans. Avec les ­enfants, la maison, la carrière... les enjeux­­ sont bien différents. Et c’est aussi un moment où les gens commencent à perdre leurs parents, à faire toutes sortes de deuils», relate-t-il.

Les fans seront-ils toujours au ­rendez-vous après toutes ces années?

«Tout ce que je peux faire, c’est écrire des chansons que j’aime, écrire sur ce que je connais, sur ce qui me tient à cœur. C’est tout ce que je peux contrôler. Pour le reste, on ne peut que se croiser les doigts», conclut-il en souriant.


L’album Le temps des vivants est en vente maintenant.

Composer avec le succès... et les enfants

Automne 2010. Dès son entrée sur les ondes radiophoniques, On va s’aimer encore connaît un succès phénoménal, donnant un nouvel élan à la carrière de Vincent Vallières. Encore aujourd’hui, les fans lui parlent de cette pièce. «C’est une chance d’avoir une chanson qui continue d’habiter le cœur des gens, qui les accompagne dans des moments clés de leur vie», confie-t-il. Et dire que ce succès a bien failli ne jamais être lancé...

«Je me suis battu avec ma maison de disques pour ne pas la sortir!», se souvient Vincent Vallières­­ en riant.

«Les gens se la sont appropriée, mais c’est à la base une chanson très personnelle. Je ne voulais pas qu’on en fasse un extrait ni faire de clip. Et ­elle dure presque quatre minutes et demie, alors j’étais convaincu que les radios ne la joueraient pas», poursuit-il avec un large sourire.

Évidemment, les semaines qui ont suivi lui ont rapidement prouvé qu’il avait eu tort. On va ­s’aimer encore est devenu un succès monstre, ­permettant à Vincent Vallières de vendre de ­nombreux albums supplémentaires, en plus de prolonger sa tournée.

Puis la poussière est retombée. Mais lorsqu’il s’est mis à plancher sur l’album suivant, Fabriquer l’aube, la pression est devenue bien réelle.

«Je me suis demandé ce que serait la vie après avoir connu un succès populaire de cette ­envergure. Mais finalement, il y a tellement de gens qui m’ont écrit pour me parler de nouvelles chansons comme L’amour c’est pas pour les ­peureux et Lili. Alors On va s’aimer encore est ­devenue une porte d’entrée vers mon répertoire, permettant à des gens de s’intéresser à ce que j’avais fait dans le passé et ce que j’allais leur ­offrir de nouveau», relate-t-il.

Chanteur et Père de famille

Plusieurs artistes auraient profité d’un tel succès pour aller cogner aux portes de l’Europe. Mais une carrière internationale n’a jamais été la ­première préoccupation de Vincent Vallières.

«J’ai eu des offres là-bas et j’y suis allé à quelques reprises. Rien d’assez gros pour percer, quelques festivals. Mais ça ne m’interpelle pas. J’ai la chance d’avoir une belle carrière ici. Et quand j’ai quelques semaines de vacances, j’ai plus envie d’en profiter avec ma famille que de partir pour aller là-bas», explique-t-il.

Père de trois enfants âgés de 8 à 11 ans, Vincent Vallières place sa famille très haut dans sa liste de priorités. Et il est très important pour lui d’être un père présent pour Lili-Rose, Théo et Marie, malgré ses horaires de travail peu conventionnels.

«J’ai envie d’être là pour leurs activités. Quand je dois partir en tournée, ils comprennent que c’est mon métier. Et, souvent, je peux même rentrer dormir à la maison après un spectacle et repartir le lendemain matin», explique-t-il.

«Quand je dois partir trois ou quatre jours par semaine, c’est devenu assez simple de garder contact avec les téléphones intelligents et ­FaceTime. C’est facile d’être partie prenante dans toutes les décisions quotidiennes de la famille», conclut-il.

Tant mieux, car Vincent Vallières amorçait la ­semaine dernière sa tournée Le temps des vivants, dont les dates sont confirmées jusqu’en 2018.


Vincent Vallières sera en spectacle à l’Impérial Bell de Québec le 21 avril et à La Tulipe de Montréal le 19 octobre.