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Bienvenue chez les Morency!

<em>Discussions avec mes parents</em><br>
François Morency, préface signée India Desjardins. <br>
Les Éditions de l’Homme, 208 pages.
Discussions avec mes parents
François Morency, préface signée India Desjardins.
Les Éditions de l’Homme, 208 pages.

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Si vous avez envie de savoir d’où vient l’extraordinaire sens de la répartie de François Morency, sautez sur son nouveau livre, Discussions avec mes parents. Ce petit bijou d’humour, superbement écrit, est aussi drôle qu’émouvant. Il dévoile autant de «tranches de vie» hilarantes de la famille Morency que le côté tendre de François.

L’humoriste raconte des histoires ­incroyables de passages aux douanes en ­revenant d’Old Orchard, dépeint le ­«picossage» incessant des parents Morency en jouant aux cartes ou aux jeux de société, et les conversations familiales.

Entre une histoire de machine à coudre ­Singer ou de petites cuillères, des souvenirs de jeunesse et des dialogues savoureux, on éclate de rire souvent. On a droit à des «révélations» (hum hum!) comme un certain habit rouge brique en 1976, un pouf à la patte cassée et quantité d’anecdotes savoureuses.

François maîtrise parfaitement l’écriture ­comique et livre le meilleur de lui-même dans ses textes hilarants, ses remarques au coin du bon sens, ses répliques sans appel et ses dialogues dignes des meilleurs shows d’humour.

Né d’un statut Facebook

Ce projet est né avec des statuts Facebook que François faisait régulièrement au sujet de ses parents, Rollande Mathieu et Jean-Paul Morency, qui ont beaucoup attiré l’attention. «J’ai senti que ça mordait, non seulement par l’enthousiasme, mais aussi par les commentaires des gens qui me disaient: “On dirait mes parents, par la façon de s’obstiner sur des ­détails”», explique François, en entrevue.

Derrière l’humour se cachent l’amour filial, le sens de la famille, l’unité du clan Morency et beaucoup de tendresse. «C’est extraordinaire parce que je n’ai jamais vu mes parents ­s’obstiner sur des sujets sérieux ou les vraies raisons qui font qu’un couple ne s’entend pas. Ça a toujours été sur des détails. C’est ­d’autant plus valorisant et le fun d’en parler.»

L’écriture comique

François a tapé dans le mille. Et quelle belle écriture – d’autant que l’écriture comique est réputée comme étant l’une des plus difficiles! «Une fois que j’ai l’idée de ce que je veux dire de drôle et que la joke est formulée, je peux me questionner pendant une heure. Est-ce que je peux la ­raccourcir? Est-ce que tous les mots sont nécessaires? Est-ce que je peux choisir un autre mot qui sonne plus drôle? Ça devient une folie chirurgicale qui est très passionnante­­, mais qui est très prenante­­.»

Il continue sa réflexion, très intéressante. «Un livre, contrairement à un spectacle, une fois qu’il est fait, il est fait. C’est ça que les gens vont lire. Un spectacle, tu ­l’améliores. J’ai fait des tournées de 243 shows et à la 242e représentation, je changeais encore des choses. C’est fascinant parce qu’on ne maîtrise jamais ­complètement l’écriture ­comique: on est toujours en train d’apprendre.»

L’écriture du livre représentait un bon défi, même s’il avait déjà écrit Dure soirée, en 2012, un livre sur les mauvaises ­expériences de scène, qui s’est vendu à plus de 30 000 exemplaires.

«C’est beaucoup plus difficile d’écrire un livre que d’écrire un show. Quand tu écris un show, 50 % du travail, c’est comment tu vas raconter ce show, ton interprétation, ta ­livraison des gags. Tu ne peux pas compter sur ton visage pour faire comprendre un deuxième niveau, ou un ­sourire en coin. Il faut que tout soit limpide et t’as juste les mots. T’as pas ta face, ta voix, tes gestes. J’admirais déjà les auteurs qui écrivent des fresques, comme Ken ­Follett et Michel Folco. Mais là, je leur voue un culte!»