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L’enfer de l’esclavage sexuel

Trafiquée est une plongée brutale dans l’enfer du trafic et de l’esclavage sexuels ­vécus par une adolescente de 14 ans.
Photo courtoisie, Cath Langlois Trafiquée est une plongée brutale dans l’enfer du trafic et de l’esclavage sexuels ­vécus par une adolescente de 14 ans.

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L’esclavage sexuel existe. Au Canada, au Québec et ailleurs dans le monde. Trafiquée raconte la descente en enfer d’une ado de 14 ans coincée dans un engrenage de souffrance et de violence.

À l’affiche jusqu’au 25 mars à Premier Acte, la création d’Emma Haché, montée par la compagnie Les Gorgones, est une incursion dans un monde où la lumière est rarement présente.

Trafiquée raconte l’histoire d’une adolescente de 14 ans. À la recherche de liberté et de ­respect, elle sera plutôt vendue, avec cinq ­autres filles, à un souteneur qui les force à se prostituer.

Trafiquée est une plongée brutale dans l’enfer du trafic et de l’esclavage sexuels ­vécus par une adolescente de 14 ans.
Photo courtoisie, Cath Langlois

Une prostitution sombre, bas de gamme et à des kilomètres de celle à la Pretty Woman et qui l’a poussée à poser un geste pour survivre.

Présenté à Québec après avoir été créé en 2010 à Montréal, le texte de l’auteure originaire du Nouveau-Brunswick se déploie sous une forme différente.

«C’est un spectacle qui, à la base, a été conçu pour être joué par une seule comédienne. Les Gorgones ont choisi d’ajouter deux interprètes», a lancé Emma Haché, qui dit avoir été bouleversée, éblouie et ravie par la proposition, au lendemain de la première.

Trafiquée est une plongée brutale dans l’enfer du trafic et de l’esclavage sexuels ­vécus par une adolescente de 14 ans.
Photo courtoisie, Cath Langlois

Sombre et brutal

La comédienne Catherine Côté raconte, sous forme de monologue, l’histoire d’horreur de cette jeune femme, en s’adressant au public, qui devient travailleur social, enquêteur de ­police, jury et même client. Elle brille dans cette plongée dans des zones de jeu loin d’être évidentes.

La danseuse Ève Rousseau-Cyr et Myriam Brousseau expriment, en tant qu’alter ego, le désespoir vécu par cette adolescente.

La proposition de la metteure en scène Marie-Ève Chabot-Lortie est sombre, brutale et insoutenable par moments.

Trafiquée est une plongée brutale dans l’enfer du trafic et de l’esclavage sexuels ­vécus par une adolescente de 14 ans.
Photo courtoisie, Cath Langlois

L’enrobage sonore, les effets de noirceur et la lourdeur de certains passages créent une ­ambiance très inconfortable. Trafiquée devient, malgré sa brutalité, essentiel et incontournable.

La résonance du sujet, précise Emma Haché, explique que la pièce a été montée plusieurs fois depuis sa création.

«Il y a des liens avec les violences sexuelles, le trafic humain, l’esclavage sexuel, la prostitution de rue, les escortes, les bars de danseuses, les salons de massage, la pornographie. C’est assez large et tout ça se recoupe à un moment donné. On en entend beaucoup parler et c’est une bonne chose», a-t-elle laissé tomber.


Trafiquée est présentée jusqu’au 25 mars au théâtre Premier Acte.