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Les égarés

Les égarés
Lori Lansens
Aux Éditions Alto,
 448 pages
Photo courtoisie Les égarés Lori Lansens Aux Éditions Alto, 448 pages

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«Cinq jours, quatre randonneurs, trois survivants...» Avec pareille accroche, on n’a pu résister à la tentation de lire le nouveau roman de la Canadienne Lori Lansens – l’auteure du très touchant Les filles. De fait, on y a été accro dès les premières pages.

Après avoir eu droit à une enfance et à une adolescence assez minables, marquées par la mort de sa mère, la pauvreté, la violence, les frasques de son père volage, les ­déceptions amoureuses et la disparition accidentelle de Byrd, son ­meilleur ami, Wolf Truly ­décidera de se suicider. Le jour de ses 18 ans, il montera ainsi à bord du téléphérique reliant Palm Springs à la ­montagne qui surplombe cette petite municipalité californienne, avec la ferme intention de ­grimper ensuite jusqu’au pic de l’Ange... pour faire le saut de l’ange.

Aussi décidé soit-il, il devra cependant mettre son projet en veilleuse le temps de venir en aide à trois randonneuses ­inexpérimentées – l’une d’elles a même des tongs aux pieds! – qui se sont égarées. Ayant maintes fois parcouru ce coin de montagne en compagnie de Byrd, Wolf pense en effet pouvoir les mener à bon port bien avant la tombée de la nuit. Mais à cause d’une succession d’incidents qui les ­obligeront à cheminer dans un brouillard épais, Wolf et ses trois ­compagnes d’infortune ­finiront par se perdre pour de bon dans un ­secteur de la montagne où même les ­membres de l’équipe de recherche et sauvetage n’ont pas ­l’habitude de se risquer. En d’autres termes, leur situation est presque désespérée. Car en plus d’être coincés au beau milieu de nulle part en plein mois de novembre, ils n’ont pratiquement rien pour lutter contre la faim, la soif, le froid et les animaux ­sauvages.

Un page turner qui vaut vraiment le détour.

À LIRE AUSSI CETTE SEMAINE

Merci pour l’invitation

 

Lorrie Moore, 
aux Éditions 
de l’Olivier, 
240 pages
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Lorrie Moore, aux Éditions de l’Olivier, 240 pages

Qu’on soit ou non amateur de nouvelles, impossible de ne pas apprécier celles de Lorrie Moore. Car à l’instar du «Tchekhov américain» Raymond Carver, elle parvient à brosser avec une forte dose d’humour le portrait souvent très peu flatteur d’une kyrielle de couples à la dérive. Il suffit d’ailleurs de lire Débarqué, la première nouvelle de ce ­brillant recueil, pour ­embarquer et enchaîner les sept autres avec un plaisir ­toujours renouvelé.

La couleur de l’eau

 

Kerry Hudson, 
aux Éditions 
10/18, 
384 pages
Photo courtoisie
Kerry Hudson, aux Éditions 10/18, 384 pages

Prix Femina étranger 2015, ce bouleversant roman ­raconte l’histoire d’amour de Dave, vigile dans un grand magasin londonien, et d’Alena, la jeune sans-papiers­­ originaire de Sibérie qu’il surprendra en train de voler une paire de chaussures ­archi-chères. Tous deux ayant déjà passablement été malmenés par la vie, ils ­mettront toutefois un temps fou avant de s’apprivoiser et de comprendre qu’ensemble, ils peuvent eux aussi être heureux.

Les trésors cachés du français d’Amérique

 

Hubert Mansion, 
aux Éditions 
de l’Homme, 
176 pages
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Hubert Mansion, aux Éditions de l’Homme, 176 pages

Demain, c’est la Journée internationale de la Francophonie. Cet ouvrage s’impose donc de lui-même, puisqu’il nous ­permet de jeter un regard ­totalement différent sur notre propre langue. Au fil des pages, on découvrira par exemple que l’emploi des verbes «abrier», «assir», «garrocher» ou «greyer» est loin d’être aussi fautif qu’on le pense, et que les mots «coach», «glamour» ou «g-string» ne sont pas des ­anglicismes...

Plantez vos noyaux!

 

Holly Farrell, aux 
Éditions Modus
 Vivendi, 
144 pages
Photo courtoisie
Holly Farrell, aux Éditions Modus Vivendi, 144 pages

Avec toute la neige qui nous est tombée dessus au cours des derniers jours, ce petit livre est vraiment bienvenu! Grâce à lui, on pourra en effet verdir la maison en apprenant simplement comment faire pousser pépins et noyaux. On ne le sait peut-être pas, mais dattes, cacahuètes, olives, figues, papayes ou mangues donnent de très jolies plantes ­d’intérieur!

FRISSONS GARANTIS

 

Prendre les loups pour
 des chiens
Hervé Le Corre
Aux Éditions Rivages, 
320 pages
Photo courtoisie
Prendre les loups pour des chiens Hervé Le Corre Aux Éditions Rivages, 320 pages

À 26 ans, Franck est enfin ­libre. Et si tout se passe bien, il ­devrait bientôt pouvoir retrouver son frère Fabien et profiter des quelque 50 000 euros volés qui lui ont coûté cinq ans de prison. Mais curieu­sement, c’est Jessica, la ­petite amie de Fabien, qui viendra le chercher pour l’emmener dans la ferme des environs de Langon où elle vit avec sa petite fille de 8 ans et ses vieux parents.

Si l’étouffante canicule et les grands espaces l’empêchent de penser normalement, Franck ne tardera pas à réaliser que la «belle famille» de son frère est loin d’être jolie-jolie: le père travaille en effet de concert avec des gitans pour maquiller­­ des berlines volées, et la mère, qui est aussi moche que ­méchante, a tout de la cruelle ­marâtre. Quant à Jessica, dont ­l’humeur peut changer d’une ­seconde à l’autre, elle est carrément folle à lier et même sa propre gamine en a souvent peur.

Sans le vouloir, Franck atterrira ainsi dans un vrai nid de vipères et dans le temps de le dire, il ­découvrira à ses dépens qu’il peut y avoir bien pire que la taule.

Un roman incroyablement noir qui nous plonge tête première dans l’enfer d’un homme poursuivi par la malchance.