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Rivalité en demi-teinte

Canadiens c Sénateurs
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin On ne peut pas dire que les confrontations entre les ­Sénateurs et le Canadien ­déchaînent les passions.

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Pour la première fois en 25 ans d’histoire, le Canadien et les ­Sénateurs se disputeront le premier rang de leur division en fin de semaine. Cette série aller-retour sera suivie d’un troisième affrontement samedi prochain, au Centre Bell.

Ces trois matchs devraient donner lieu à des duels intéressants, mais permettront-ils d’accroître la rivalité entre les deux équipes?

Car malgré la proximité des marchés dans lesquels elles évoluent, on ne peut pas dire que les confrontations les opposant déchaînent les passions. C’est à l’image du hockey qui se pratique dans la Ligue nationale.

Les bagarres ne sont plus partie prenante du jeu, mais difficile de s’élever contre ça maintenant qu’on est plus conscient de la dangerosité des coups à la tête.

Par contre, on ne voit plus de guerres de clans.

Les frogs contre les anglais 

À l’époque où le Canadien était composé majoritairement de joueurs francophones, c’était les Canadiens français, comme on disait dans le temps, contre les Anglais qui nous surnommaient, quant à eux, les Frogs.

Les amateurs qui ont été témoins des affrontements entre le Tricolore et les Maple Leafs dans le temps que la LNH était constituée de six équipes s’en souviennent. C’était la bataille entre les deux solitudes.

Il y a eu ensuite les années où le hockey était dominé par une violence extrême.

Les matchs contre les Big Bad Bruins et les Broad Street Bullies de Philadelphie étaient souvent ponctués de débordements qui faisaient le ­délice des amateurs.

Plus grande rivalité jamais vue

Mais rien n’égalera jamais la rivalité qui existait entre le Canadien et les Nordiques, qui allait au-delà du sport.

Les propriétaires des deux équipes, la brasserie Molson à Montréal et la brasserie O’Keefe du côté de Québec, se disputaient le marché de la bière et les droits de télédiffusion des matchs au Québec.

Les Nordiques, avec leurs nombreux joueurs francophones, projetaient l’image nationaliste du Québec.

Le Canadien personnifiait le ­fédéralisme.

Or, même les joueurs qui provenaient de l’extérieur du Québec étaient aussi impliqués que les nôtres.

Les joueurs du Tricolore voulaient la tête de Dale Hunter et ceux des Nordiques voulaient faire la fête à Mario Tremblay.

C’est sans oublier Michel Bergeron et Jacques Lemaire qui n’avaient ­aucun respect l’un pour l’autre.

Les partisans des deux camps se détestaient souverainement. Les matchs du temps des Fêtes divisaient des familles. Au point où les deux organisations s’étaient entendues pour mettre fin à la série aller-retour qu’elles se ­livraient les 30 et 31 décembre.

La rivalité est devenue plus civilisée après le match du Vendredi saint, lors des séries de 1984. Mais encore là, il n’en fallait pas gros pour mettre le feu aux poudres. La tension était si grande que les joueurs en disaient le moins possible aux médias.

Je revois encore cette page frontispice du Journal de Québec qui titrait le jour d’un match au Colisée: Confrontation Canadien-Nordiques: Guerre du silence – 10 pages.

Nous avions été plusieurs à nous ­interroger sur notre métier, ce matin-là.

Mieux ou pas ?

On ne revivra plus jamais ça.

Certains affirment que c’est mieux ainsi, d’autres disent s’ennuyer de tout ça. Comme quoi tout le monde ne peut être sur la même longueur d’onde.

Le Canadien et les Sénateurs se sont affrontés en séries deux fois en trois ans. La première fois, en 2013, Eric Gryba avait assommé Lars Eller avec une mise en échec au centre de la patinoire et Brandon Prust avait traité Paul MacLean de gros morse aux yeux globuleux.

Les deux incidents n’ont pas eu ­d’effet sur la suite des choses entre les deux équipes. C’est comme si rien n’était arrivé.

De plus, les quatre noms mentionnés plus haut ne sont plus là depuis un certain temps.

Les temps changent, le hockey change. L’information est aseptisée. Les joueurs et les entraîneurs en ­disent le moins possible pour ne pas allumer de feu.

Le jeu a beau être rapide, les joueurs athlétiques, le spectacle manque trop souvent de couleur. Les premiers marqueurs de la ligue ­dépasseront à peine le plateau des 90 points cette saison.

C’est peu quand on pense aux joueurs de grand talent que sont Sidney Crosby, Connor McDavid, Patrick Kane, Evgeni Malkin et Alex Ovechkin.

Le hockey de la LNH, c’est ça en 2017.

Si Las Vegas a eu un match en plein air...

Mauvaise journée que celle d’hier pour Montréal et Québec sur le front de la Ligue nationale de hockey.

En regardant la conférence de presse confirmant la tenue d’un match en plein air entre les Sénateurs et le Canadien en décembre prochain, on avait l’impression que le hockey a été inventé à Ottawa et que c’est dans cette ville que la LNH a été fondée.

Méchant œil au beurre noir pour Montréal!

Comme le rapporte mon collègue Jonathan Bernier, l’adjoint au ­commissaire de la ligue Bill Daly n’a rien fait non plus pour encourager les amateurs qui souhaitent la présentation d’une rencontre à ­l’extérieur à Montréal.

Question d’argent, a-t-il dit.

Les stades Molson et Saputo ne comptent pas assez de sièges pour supporter les coûts reliés à la ­présentation de l’événement.

Redevable de montréal

Dans ce cas, pourquoi ne pas aménager un stade pour un match?

Ça s’est fait à Las Vegas en 1991 pour une rencontre préparatoire entre les Kings de Los Angeles et les Rangers de New York dans le stationnement du Caesars Palace.

Tout pour mousser le hockey dans l’Ouest américain, mais rien à redonner à une population qui se passionne pour le hockey depuis plus d’un siècle.

J’ai bien hâte de voir ce que la Ligue nationale projette de faire à Montréal dans le cadre des festivités de son centenaire. Il ne faudrait pas non plus que ce soit un événement seulement pour le gratin.

De son côté, Gary Bettman a ­enfoncé le clou dans le dossier de Québec. Si on attend une remontée du dollar canadien face à la devise américaine, aussi bien oublier le retour des Nordiques. On peut penser la même chose pour le retour d’une équipe du baseball majeur à Montréal.

Plus le temps passe, plus la facture monte. Comme je le soulignais dernièrement, la MLB demanderait 800 millions US pour une concession de l’expansion et dites-vous bien aussi que les Rays de Tampa Bay et les A’s d’Oakland ne sont pas encore à vendre.

Un stade de 35 000 places avec toit – car ce serait une nécessité – coûterait entre 600 et 700 millions $.

Les gros frappeurs sont-ils prêts?