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Concurrence de recours pour les victimes de l’A-13

Une automobiliste coincée mardi soir croit que 2000 $ ne sont pas assez

Marlene Berman, Automobiliste
Photo BORIS PROULX Marlene Berman, Automobiliste

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Une femme qui a vécu des heures d’enfer durant le cafouillage de l’autoroute 13 lance un autre recours collectif, insatisfaite du premier.

«Si M. Coderre ou M. Couillard avaient été pris 9 heures dans leur limousine, ils auraient été dégagés tout de suite. Nous, les citoyens ordinaires, on nous laissait coincés», lance Marlene Berman, en colère.

Histoires d’horreur

Traumatisée après être restée immobile sur l’autoroute en pleine tempête, elle a lancé une page Facebook qui recueille les témoignages d’automobilistes qui racontent leur histoire d’horreur.

«Une personne m’a avoué avoir été forcée de déféquer dans sa boîte à lunch. Une femme était diabétique, et n’avait pas accès à son insuline», illustre-t-elle avec des récits plus troublants les uns que les autres.

Elle souhaite que chaque histoire soit utilisée comme preuve dans un recours collectif qu’elle lance en parallèle avec celui déjà annoncé.

Crises de panique

Après avoir quitté son travail dans le nord-ouest de l’île de Montréal peu après 20 h, Mme Berman ne s’était jamais doutée qu’elle resterait coincée dans sa voiture jusqu’à 4 h du matin.

«On pouvait voir sur le cellulaire les images des caméras de surveillance. On se voyait, comme un long stationnement de voiture», dit-elle.

Elle raconte avoir vu des automobilistes faire des crises de panique à l'idée d'être abandonnés dans leur véhicule.

De son avis, les 2000 $ demandés par un premier recours collectif déjà déposé devant la Cour supérieure du Québec jeudi sont insuffisants.

«Ce n’est pas une question d’argent. C’est une qu­­­estion de justice», dit-elle.

Or, un seul recours pourra être autorisé à représenter les victimes de l’autoroute 13.

Un seul recours

L’avocat consulté par Mme Berman, Me Joey Zukran de LPC Avocat, dit être le seul qui détient un demandeur pour la cause, soit Mme Berman. «Le premier recours ne peut pas juste être là pour occuper le terrain», souligne Me Zukran.

«Le recours est déjà formé, déjà timbré», rétorque pour sa part Me Marc-Antoine Cloutier, de la firme Trudel, Jonhson, Lespérance, qui a lancé le premier recours collectif jeudi. Même si son premier demandeur, Alexandre Lepage Forbes, s’est retiré du dossier, Me Cloutier indique qu’«une dizaine» de personnes se sont portées volontaires pour le remplacer.

Un juge pourrait être appelé à décider lequel de ces recours est le plus légitime.

Une série d’erreurs de communication entre le ministère des Transports, la Ville de Montréal et la Sûreté du Québec aurait contribué aux délais d’attente de plusieurs heures pour les automobilistes coincés sur l’autoroute 13.