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Virage au centre

Feu de circulation
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Mon premier article de blogue pour le Journal, il y aura 1 an dans 2 jours, parlait des étiquettes.

Celles qu’on s’impose. Celles qu’on nous accole. Il y en a qu’on mérite et il y en a qu’on se créé parce qu’on ne trouve pas la nôtre parmi celles qui existent déjà.

À tort ou à raison, je suis associé à la droite au Québec. Parce que j’œuvre à la radio parlée de la capitale. Aussi parce que je veux que cesse le gaspillage de fonds public.
Parce que je veux de la (relativement) libre entreprise.
Parce que je suis anti-syndicalisme.
Parce que je veux une moins grosse machine gouvernementale.
Parce que je veux qu’on exploite, de façon encadrée, nos richesses.
Parce que je suis plus qu’écoeuré de lire le mot « multirécidiviste » et que je veux des peines plus sévères pour certains crimes.

J’étais donc étiqueté. Aucune honte à me dire de droite, malgré la réputation qu’on tentait de nous faire dans certaines sphères. Disons que ce n’est pas étonnant qu’on puisse virer à droite à peu près partout au Québec sauf à Montréal.

Bref, depuis la trentaine je suis de droite. J’ai toujours tenté de défendre la droite québécoise en expliquant qu’elle était essentiellement économique, qu’elle visait seulement « le gros bon sens » sans l’émotivité et l'angélisme de la gauche et qu’elle était loin, très loin des Républicains américains. Sauf que ce n’est plus vrai.

Le virage vers l’idiocratie et la haine amorcé aux Etats-Unis gagne le Québec depuis quelques temps.

Quand on cautionne Trump juste parce qu’il n’est pas Démocrate (et encore... il l’était au milieu des années 2000), ou juste parce que c’est un « homme d’affaires », notre crédibilité en tant que chantre de la droite québécoise en prend un coup.

Quand on fait du crucifix un de nos combats, notre crédibilité en prend un coup. Et quand on se lève contre le féminisme, désolé, mais ce n’est ni une valeur de droite ni de gauche. C’est simplement une évidence que nous devons atteindre l’égalité entre les êtres humains. Sinon, ta gueule quand on parle du voile. Faut être conséquent.

La droite qui se nourrit de la haine ou de la crainte de l’autre, non merci.  La droite qui renie l’intellectualisme, qui craint les médias, qui se complait dans le populisme, non merci.

La droite qui endosse n’importe quelle niaiserie, comme de publier une vidéo de tir de mitraillette le jour des obsèques des victimes de la Mosquée de Québec, non merci.

Bref, je ne me reconnais plus du tout dans la droite québécoise, possiblement non plus dans la canadienne. Encore moins dans la gauche qui, elle aussi, se radicalise chaque année depuis 5 ans. Me voilà donc orphelin d’étiquette.

Savez-vous quoi? C’est plus léger. Ça me permettra, encore plus qu’avant, de dénoncer les conneries de tous les côtés de l’allée, comme nous devrions tous le faire.