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Frustré qu’on ne lui ait pas servi du vrai champagne

Un vacancier veut lancer un recours collectif contre une compagnie aérienne

Frustré qu’on ne lui ait pas servi du vrai champagne
Photo courtoisie

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Un voyageur veut intenter une action collective contre Sunwing parce qu’il s’est fait offrir un verre de vin mousseux lors d’un vol vers Cuba, alors qu’on lui avait promis un «service au champagne».

Daniel Macduff et sa conjointe se sont envolés vers Cayo Coco en novembre dernier pour une semaine au soleil. Lorsqu’il a acheté les billets sur internet, la compagnie lui offrait, pour le même prix, un «service au champagne», indique la demande d’autorisation en recours collectif présentée récemment au tribunal.

«Aucun champagne n’a été servi lors des vols, ni à l’aller ni au retour, Sunwing ayant plutôt servi [...] du vin mousseux», lit-on dans le document.

«Je n’aime pas me faire prendre pour un imbécile», a simplement lancé Daniel Macduff, joint au téléphone.

En petits caractères

Sur le site de Sunwing, il est inscrit que les passagers auront droit à un verre de mousseux. Cette précision est toutefois presque dissimulée et écrite en petits caractères.

«Il y aurait eu environ 4 $ de différence (par verre) si on avait servi un vrai champagne», estime la sommelière Élyse Lambert. Malgré cette imprécision, «il n’est peut-être pas nécessaire d’intenter un recours collectif», dit-elle.

Frivole et sans mérite

Invité à commenter ce recours, Sunwing a indiqué que les termes «service au champagne» désignaient l’ensemble de l’expérience offerte et ne font pas référence aux boissons servies.

La compagnie a indiqué que toute action en justice liée à l’utilisation du terme champagne était «frivole» et «sans mérite».

L’avocat Frédéric Allali, spécialisé en droit de la consommation, croit qu’il s’agit d’un cas «mineur».

«Oui, il y a peut-être une publicité mensongère, mais il faut choisir ses batailles, dans la vie», a-t-il dit.

L’expert en action collective Joey Zukran estime pour sa part que la demande a de bonnes chances d’être entendue par un tribunal. L’avocat croit que le con­sommateur pourrait avoir été volontairement induit en erreur.

Lourd pour le système

Alors que le gouvernement tente de désengorger le système judiciaire, certains avocats avouent que ce genre de demande vient l’alourdir davantage.

«En termes de procédure, c’est très lourd, une action collective, a expliqué l’avocat spécialisé en droit civil Michaël Barcet. Ça va bloquer une juge pendant au minimum deux semaines.»

Si elle est acceptée par le tribunal, l’action collective s’appliquerait pour toutes les personnes qui se sont retrouvées dans la même situation que M. Macduff au cours des trois dernières années. La demande réclame un dédommagement de 100 $ par personne.

Joint par Le Journal, le Comité Champagne, basé dans la région du même nom en France, a indiqué «prendre les mesures pour mettre un terme à leur pratique [...] qui trompe les consommateurs.»

-Avec la collaboration de Valérie Gonthier et Michael Nguyen