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Ottawa pressé d'agir pour aider les artistes

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a appelé à la patience, plaidant qu'une «réforme importante» est attendue dans les prochains mois.
PHOTO DIDIER DEBUSSCHERE La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a appelé à la patience, plaidant qu'une «réforme importante» est attendue dans les prochains mois.

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OTTAWA - L’opposition presse les libéraux de Justin Trudeau à agir rapidement pour que les artistes québécois cessent d’écoper de l'effondrement de l'industrie de la musique.

«Nos artistes sont en train de crever de faim, la maison est en feu et la pompière en chef répond qu’elle fait des consultations. Ça n’a pas de bon sens», s’est insurgée, lundi, la députée du Bloc québécois Monique Pauzé.

Le Journal de Montréal révélait lundi que la faillite du distributeur montréalais DEP coûterait cher aux chanteurs, interprètes et musiciens du Québec.

À cause de la fermeture de l'entreprise, au moins 700 000 $ pourraient glisser entre les doigts de grands noms du spectacle, dont Éric Lapointe, Luc De Larochellière, Klô Pelgag et François Pérusse.

Selon toute vraisemblance, ils ne reverront jamais la couleur de leur argent.

La nouvelle a fait grand bruit et a rebondi à la Chambre des communes, lundi.

Interpellée par le NPD, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a appelé à la patience, plaidant qu'une «réforme importante» est attendue dans les prochains mois.

«Nous avons lancé des consultations publiques au cours de la dernière année pour justement repenser tout l'impact qu'ont les services numériques sur l'entièreté de l'écosystème dans le domaine culturel canadien», a-t-elle répondu.

Mais le temps presse, s’est inquiété le député néodémocrate Pierre Nantel.

Car «la faillite de DEP s'avère être le dernier signe de l'effondrement de l'industrie du disque au Québec et représente une nouvelle source d'inquiétudes» pour la production de contenu québécois et canadien, a-t-il soutenu.

Dans ce contexte, le gouvernement Trudeau doit, selon l'opposition, encadrer dans les meilleurs délais les services de musique en ligne comme Spotify, Google Music ou encore Apple Music, afin qu'ils aident eux aussi à financer les artistes.

«Le Canada doit se positionner dès maintenant pour encadrer tous les nouveaux fournisseurs en ligne, qu'ils soient basés à Montréal, à Los Angeles ou dans un paradis fiscal», a ajouté M. Nantel.

En entrevue téléphonique, Monique Pauzé a souligné l’importance pour les diffuseurs internet de soutenir le développement du contenu canadien en versant eux aussi des redevances, comme le font les radiodiffuseurs.