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À quoi ça sert, un ministre ?

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Les suites politiques de la gestion chaotique des routes pendant la tempête de neige du 14 mars sont troublantes. Personne n’est pourtant dupe de ce qui se passe.

La chasse aux boucs émissaires dans les rangs du ministère des Transports (MTQ) et de la Sûreté du Québec, de même que l’arrestation médiatisée d’un camionneur, visent surtout à proté­ger Laurent Lessard et Martin Coiteux du ras-le-bol de nombreux citoye­ns.

Boucs émissaires

Ces deux ministres-clés du cafouillage de l’autoroute A-13 – le premier aux Transports et l’autre à la Sécurité publique –, pointent leurs doigts accusateurs dans toutes les directions, sauf la leur.

M. Coiteux se plaint même de ne pas avoir été «informé» du naufrage scandaleux de centaines de personnes sur l’A-13 pendant de longues heures. Y compris par le MTQ lui-même! On se croirait dans un sketch de Monty Python.

Sur le plan politique, le vrai problème crève néanmoins les yeux. À savoir que face à une tempête majeure annoncée depuis des jours, les ministres Lessard et Coiteux n’étaient pas au travail au plus fort de celle-ci.

Où étaient-ils ?

Qu’ils se délestent de leurs propres manquements comme ministres en blâmant des subalternes est inacceptable. À quoi sert un ministre si ce n’est à être en poste en situation d’urgence? À quoi sert un ministre s’il refuse d’en répondre quand un «cas important de mauvaise gestion» se produit dans son ministère?

Ce qui, répétons-le, est partie intégrante de la responsabilité ministérielle dite individuelle. Du moment où Philippe Couillard conclut lui-même à un cafouillage majeur, comment peut-il réitérer sa confiance à messieurs Lessard et Coiteux?

Quant au rapport commandé à Florent Gagné, un ancien sous-ministre au MTQ et à la Sécurité publique, le doute est aussi permis. En entrevue à La Presse, M. Gagné semblait déjà tenté de disculper les deux ministres parce qu’«ils n’ont pas été informés». Ah bon?