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Attentat de Londres: 4 morts, dont l'assaillant et 40 blessés à deux pas du Parlement

Un homme a foncé dans une foule sur le pont de Westminster

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LONDRES | Un an jour pour jour après les attentats de Bruxelles, Londres a été visée mercredi par un acte «terroriste», qui a fait au moins trois morts, plus l'assaillant, devant le Parlement de Westminster, symbole de la démocratie britannique.

«Je ne vais pas faire de commentaires sur l'identité de l'assaillant (...) mais nous privilégions la piste du terrorisme islamiste», a déclaré Mark Rowley, le commandant de l'unité anti-terrorisme devant Scotland Yard, précisant que «l'enquête avance à grands pas».

Une quarantaine de personnes ont également été blessées lorsqu'un homme, vêtu de noir et portant une barbe, a lancé en début d'après-midi sa voiture contre la foule sur le pont de Westminster, face à Big Ben, avant de poignarder à mort un policier en essayant de pénétrer dans le Parlement.

L'assaillant, qui a agi seul selon les enquêteurs et dont l'acte n'avait toujours pas été revendiqué, a ensuite été «abattu par un autre policier», a confirmé M. Rowley.

Vent de panique

L'attaque a entraîné un vent de panique dans le centre de Londres: les passants qui s'affolent, certains se ruant dans le métro le plus proche, la police qui se déploie en masse, le Parlement qui se barricade et la première ministre Theresa May qui est évacuée à toute vitesse.

Parmi les blessés figurent trois élèves français, en voyage scolaire, dont deux sont dans un état grave. Deux ressortissants roumains ont également été blessés, a annoncé Bucarest, ainsi que cinq touristes sud-coréens, d'après l'agence Yonhap.

Une femme tente de réconforter une victime qui a été blessée dans l’attentat.
Photo Reuters
Une femme tente de réconforter une victime qui a été blessée dans l’attentat.

Toute de noire vêtue, Theresa May a dénoncé dans la soirée un attentat «pervers» lors d'une allocution solennelle devant sa résidence du 10, Downing Street.

Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière au Royaume-Uni depuis les attentats suicide revendiqués par des sympathisants d'Al-Qaïda qui avaient fait 56 morts le 7 juillet 2005 dans les transports en commun londoniens.

Des secours viennent en aide à cet homme mal en point.
Photo Reuters
Des secours viennent en aide à cet homme mal en point.

Niveau d’alerte « grave »

Mme May a toutefois indiqué que le niveau d'alerte terroriste restait fixé à «grave», le quatrième sur une échelle de 5, comme depuis août 2014.

Selon le commandant Mark Rowley, l'assaillant a d'abord renversé plusieurs piétons, dont trois policiers, sur le pont.

Au moins deux personnes y sont mortes et plus d'une dizaine ont été soignées sur place, selon les services ambulanciers.

Après avoir embouti son VUS gris contre des grilles peu après la sortie du pont, l'assaillant a couru vers une entrée du Parlement toute proche, avant de poignarder un policier, a ajouté M. Rowley.

AFP

La police a fait feu sur lui alors qu'il essayait de s'attaquer à un deuxième officier.

Des images montrent le député conservateur Tobias Ellwood, qui a perdu son frère dans un attentat à Bali en 2002, pratiquer en vain un massage cardiaque sur le policier, un père de famille de 48 ans, mortellement blessé.

Les députés ont été confinés à l'intérieur du Parlement et dans Westminster Abbey, toute proche, avant de pouvoir sortir dans la soirée. Theresa May a quitté à grande vitesse le Parlement, où elle s'était exprimée devant les députés, à bord de sa voiture officielle.

« C’était la panique »

LONDRES | Mary Creagh, députée britannique travailliste, se rendait au palais de Westminster à Londres mercredi quand un mur de gardes armés et de passants s'est dressé devant elle. «Faites demi-tour! faites demi-tour! il y a une fusillade».

Photo Reuters

«C'était la panique», a-t-elle raconté, relatant l'affolement des passants et le déploiement policier qui a suivi l'attentat.

«J'ai entendu des coups de feu (...), et j'ai commencé à réaliser qu'il s'agissait de quelque chose de grave», a affirmé Richard Jones, gérant d'un bar situé à proximité du parlement.

«Beaucoup de gens criaient et la police est arrivée de partout, puis les véhicules de secours et c'est après ça que j'ai moi-même été évacué», a-t-il ajouté.

Cette femme blessée s’est retrouvée dans une fâcheuse position dans la foulée de l’attentat.
Photo Reuters
Cette femme blessée s’est retrouvée dans une fâcheuse position dans la foulée de l’attentat.

«Nous étions en train de prendre des photos de Big Ben lorsque tout le monde s'est mis à courir, nous avons vu un homme d'une quarantaine d'années portant un couteau d'environ vingt centimètres. Ensuite on a entendu trois coups de feu. Nous avons traversé la rue et on a vu l'homme en sang par terre», a raconté Jayne Wilkinson.

Elle saute dans la Tamise

Sur le pont au moment de l'attaque, une femme a sauté dans la Tamise pour échapper au véhicule de l'assaillant, avant d'être repêchée grièvement blessée.

Jack Hutchinson, jeune touriste venu de Boston, était sur le London Eye, la grande roue surplombant le pont de Wesminster, au moment de l'attaque.

«J'ai vu trois corps au sol, et beaucoup de policiers. C'était terrifiant, je ne savais pas ce qu'il se passait, j'ai d'abord pensé à une attaque à la bombe», a expliqué l'adolescent de 16 ans, après être resté coincé trois heures dans une nacelle de la roue.

Les chefs d’État condamnent l’attaque

« Le terroriste a choisi de frapper en plein cœur de notre capitale où les gens de toutes nationalités, religions et cultures convergent pour célébrer les valeurs de liberté, de démocratie et de liberté de parole (...) les forces du mal ne nous diviseront pas. »

— Theresa May, première ministre britannique

 

« Une attaque contre le siège de la démocratie est un acte répréhensible que nous condamnons de façon très ferme. »

— Justin Trudeau, premier ministre du Canada

« Nous condamnons l'attaque de Westminster, que le Royaume-Uni considère comme un acte de terrorisme. »

— Sean Spicer, porte-parole du président américain Donald Trump

« La France, qui a été si frappée ces temps derniers, peut savoir ce que le peuple britannique a comme souffrance aujourd'hui. »

— François Hollande, président français

 

« Je réaffirme que l'Allemagne et ses citoyens se tiennent fermement et résolument aux côtés des Britanniques dans la lutte contre toute forme de terrorisme. »

— Angela Merkel, chancelière allemande

Sécurité renforcée au Canada

La sécurité a été renforcée au Canada, particulièrement au parlement d’Ottawa, a indiqué mercredi le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale. «Les mesures appropriées ont été prises par tous les services de police et de sécurité, y compris ceux en opération sur la colline parlementaire» à Ottawa, a déclaré le ministre. Néanmoins, le niveau d'alerte sur les risques d'attentat au Canada demeure à un stade «modéré» et n'a pas été relevé depuis les attaques d'octobre 2014, a-t-il indiqué. Par ailleurs, aucun Canadien ne figure parmi les victimes de l’attentat de Londres, a confirmé le délégué du Québec dans la capitale britannique, Christos Sirros.

10 faits sur l’attaque

1. En début d'après-midi, un homme au volant d'un 4X4 lance son véhicule sur les passants sur le pont de Westminster qui enjambe la Tamise, menant au Parlement et à Big Ben, selon des témoins.

2. Peu après la sortie du pont, il emboutit sa voiture sur le bas-côté, puis en sort et court vers les grilles du Parlement, où la Première ministre Theresa May vient de s'exprimer devant les députés.

3. Il poignarde un policier. La police fait feu au moment où il essaie de s'attaquer à un deuxième policier. L’assaillant est tué. Un policier a également trouvé la mort.

4. La police de Londres a dit avoir été appelée à environ 14 h 40 heure locale.

5. Les députés sont aussitôt confinés à l'intérieur du Parlement avant d'être évacués un peu plus tard vers les locaux de Scotland Yard, situés à proximité, escortés par des policiers lourdement armés.

6. Downing Street a rapidement précisé que la première ministre Theresa May était saine et sauve.

7. L'attaque, outre son auteur et un policier qui ont été tués, a fait au moins trois morts, et au moins 40 blessés.

8. Scotland Yard a rapidement qualifié l'attaque d’«incident terroriste».

9. Aussitôt après les faits, la police a évacué la foule du pont, déclarant que le lieu «n'était pas sûr». La station de métro de Westminster a été fermée.

10. Au Parlement écossais, à Edimbourg, les débats concernant un référendum sur l'indépendance ont été suspendus sur le champ pour informer les députés de l'attaque à Londres.