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Fraude majeure soupçonnée au ministère de la Justice

L’UPAC enquête sur un système de corruption concernant l’octroi de contrats

FD-
Photo Agence QMI, Sylvain Denis ​Une trentaine de policiers ont débarqué dans les bureaux de Dartech à Montréal, mercredi, soit une semaine après avoir visité les locaux de CPU Services, à Québec.

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Un ancien patron du ministère de la Justice est soupçonné par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) d’avoir été impliqué dans un système de corruption pour l’octroi de millions de dollars en contrats publics à deux firmes informatiques.

Cet ancien directeur ne serait pas le seul ex-employé du ministère dans la ligne de mire des forces de l’ordre, selon nos informations. Il s’agit du plus important cas de fraude alléguée dans l’octroi de contrats publics en informatique au Québec. Ironiquement, l’affaire touche le ministère dont la mission est de maintenir notre système de justice «digne de confiance et intègre».

Le stratagème allégué par l’UPAC aurait aidé la firme montréalaise Dartech et la firme de Québec, CPU Services, à obtenir des contrats publics.

Les policiers ont mené des perquisitions chez CPU Services le 15 mars et ont fait de même chez Dartech, mercredi. Le 18 novembre 2015, c’était au ministère de la Justice.

Les policiers ont aussi débarqué au ministère de la Famille mercredi, concernant un employé qui était à la Justice auparavant. Toutes ces interventions sont liées au même dossier d’enquête, a-t-on appris. L’enquête vise notamment Normand Laberge, ancien directeur du département informatique au ministère de la Justice. Après sa carrière au public, il est devenu, en 2008, vice-président de la firme Dartech.

Jusqu’en 2013 ?

Les policiers croient que par son influence, M. Laberge aurait aidé Dartech et CPU Services à obtenir des contrats publics, alors qu’il travaillait au ministère.

Le stratagème aurait aussi perduré après qu’il fut passé au privé.

Un ancien collègue de M. Laberge, au ministère de la Justice et toujours dans la fonction publique, fait aussi partie des individus qui intéressent l’UPAC.

Il n’a pas été possible de savoir ce que le ou les employés du ministère de la Justice impliqués dans ce système auraient obtenu en échange.

L’enquête concerne des contrats attribués durant plusieurs années avant 2013.

L’UPAC enquête sur de nombreux contrats totalisant plusieurs millions de dollars. Selon notre recensement, entre 2006 et 2013, Dartech a obtenu près de 12 M$ en contrats avec le ministère de la Justice, son principal et quasi unique client public au Québec.

Des millions en jeu

Durant la même période, CPU Services en a obtenu six totalisant près de 1,5 M$ avec le même ministère. C’est peu, en comparaison des 50 M$ en contrats publics que la firme a reçus depuis 2009.

Le propriétaire de Dartech, Daryl Roberts, serait aussi concerné par l’enquête. La firme n’a pas répondu à nos appels.

De son côté, CPU Services soutient toujours que l’entreprise a été visitée par l’UPAC «à titre de témoin» dans un dossier qui ne les vise pas directement.

Le ministère de la Justice n’a pas voulu commenter.

Soulignons qu’aucune arrestation n’a été effectuée dans ce dossier. L’UPAC n’a pas voulu commenter nos informations de manière précise, mercredi.

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