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Budget Québec 2017 : de l’argent frais pour partir du bon pied à l’école

Le réinvestissement est toutefois jugé insuffisant par certains

Bloc école, classe
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Québec injecte 270 millions $ supplémentaires l’an prochain pour améliorer la réussite des élèves de la maternelle à l’université. Dans le réseau scolaire, l’argent frais servira surtout à aider les élèves à «partir du bon pied».

Après des années de compressions évaluées à 1 milliard $ en cinq ans, Québec affirme maintenant vouloir faire de l’éducation une priorité. Le gouvernement Couillard y consacre cette année 17,9 milliards, soit une hausse de 4,2 % comparativement à 3 % l’an dernier.

Dans le réseau scolaire, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, promet l’embauche de 1500 nouveaux enseignants, professionnels ou employés de soutien dès septembre et 7200 d’ici cinq ans. «On va fournir de l’appui à tous les élèves. On veut que dans chacune des classes de maternelle et de première année, il y ait des ressources en accompagnement», affirme-t-il.

M. Proulx mise sur l’intervention précoce, comme le réclament plusieurs intervenants depuis longtemps, pour réduire le nombre d’élèves en difficulté dans les écoles québécoises et améliorer le taux de diplomation.

Aucune somme n’est toutefois prévue pour la création de nouvelles classes de maternelle quatre ans à temps plein en milieu défavorisé, mais le ministre indique qu’il pourrait tout de même y avoir des annonces à ce sujet prochainement.

D’ici cinq ans, le ministre veut par ailleurs doter chaque école d’un nouvel intervenant qui jouera un «rôle pivot» afin d’assurer une liaison entre l’élève et sa famille.

Le gouvernement Couillard prévoit aussi offrir davantage de services aux élèves à besoins particuliers inscrits en formation professionnelle ou à l’éducation des adultes, mais seulement à compter de l’automne 2018.

Québec prévoit par ailleurs injecter 185 millions $ l’an prochain pour rénover et agrandir des écoles. Le gouvernement annonce aussi la création d’un Lab-école, qui sera chargé de se pencher sur l’aménagement d’écoles modernes et contemporaines.

Dans les cégeps et les universités, 100 millions supplémentaires permettront notamment d’embaucher l’an prochain 500 nouveaux professeurs, chargés de cours et autres employés pour soutenir les étudiants dans leurs études.

«Ils ont besoin de mille et une choses parce qu’il y a une augmentation de clientèle et des étudiants à besoins particuliers», affirme la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David.

Réactions mitigées

Dans le réseau scolaire, ce budget a été accueilli favorablement par la Fédération des commissions scolaires, qui se réjouit des sommes «substantielles» annoncées et des investissements prévus sur cinq ans.

Même son de cloche de la part de la Fédération des comités de parents, qui s’inquiète toutefois du sort des élèves victimes des compressions des dernières années qui ne pourront bénéficier des investissements supplémentaires annoncés au début du primaire. Sa présidente, Corinne Payne, estime qu’il n’y a pas grand-chose pour ceux «qu’on a déjà échappés».

Pour les syndicats d’enseignants, les sommes annoncées en éducation sont carrément insuffisantes. «On est déçus», lance Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec. Avec les compressions, on nous a mis une corde autour du cou et là on la desserre, mais on ne l’enlève pas.»

À la Fédération autonome de l’enseignement, on y voit un budget «électoraliste» à 18 mois des élections provinciales, présenté par un gouvernement «qui tente de se refaire une virginité en éducation», affirme son président, Sylvain Mallette. Ce dernier considère qu’il est «totalement irréaliste» de penser embaucher 1500 nouvelles ressources en éducation dès l’automne.

De leur côté, les fédérations étudiantes sont aussi déçues par ce budget, qui ne démontre «pas du tout» que l’éducation est une véritable priorité pour le gouvernement Couillard, puisque le réinvestissement n’est pas suffisant selon elles.

À l’Assemblée nationale, les partis d’opposition estiment que ces sommes sont loin de faire oublier des années de compressions en éducation.

Investissements additionnels en éducation en 2017-2018

Réussite éducative dès la petite enfance : 21 millions $

  • 12 millions $ pour soutenir la qualité des interventions

Réseau scolaire : 170 millions $

  • 94 millions $ pour des services en maternelle et première année
  • 1500 nouveaux enseignants, professionnels et employés de soutien

Enseignement supérieur : 100 millions $

  • 500 nouveaux professeurs, chargés de cours ou autres ressources pour les étudiants

Infrastructures : 185 millions $

  • Pour construire et agrandir des écoles et bonifier les installations technologiques

Total de l’augmentation du budget en éducation et enseignement supérieur: 4,2 %