/news/transports
Navigation

Privatiser les aéroports canadiens serait une «erreur monumentale» selon l'industrie

L’industrie du transport aérien demande plutôt à Ottawa de couper les loyers

Coup d'oeil sur cet article

Le gouvernement Trudeau commettrait une erreur monumentale en vendant ses aéroports à des intérêts privés, croit le numéro 1 de l’Association du transport aérien international (IATA), Alexandre de Juniac.

L’organisation, qui regroupe la plupart des grandes compagnies aériennes, a poussé un soupir de soulagement en constatant que le projet de privatisation des aéroports ne figurait pas dans le budget fédéral dévoilé par Ottawa la semaine dernière, contrairement à ce qui était attendu.

«Permettez-moi d’être tout à fait clair: le Canada va le regretter s’il vend ce qui constitue ses joyaux de la Couronne. On espère tous que la motivation du ministre des Transports, Marc Garneau, à défendre les intérêts des voyageurs fera en sorte que l’idée de privatiser les aéroports soit abandonnée pour de bon», a insisté M. de Juniac mardi devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

Pas d’économie à faire

Ailleurs dans le monde, la privatisation d’aéroports ne s’est jamais traduite par des économies ou une amélioration des services offerts aux compagnies aériennes et aux passagers, selon lui.

«L’expérience des 20 dernières années nous a amenés à dire que ça a plutôt généré des coûts additionnels, avec un niveau de service qui n’est pas [supérieur]. [...] Les aéroports qui appartiennent à leurs collectivités – comme au Canada – ont la motivation d’offrir des services de qualité à des coûts abordables. Les entreprises privées, elles, sont là pour maximiser le profit de leurs actionnaires.»

L’association internationale, dont le siège social est situé dans la métropole, préférerait plutôt qu’Ottawa cesse d’exiger des loyers aux organismes comme Aéroports de Montréal qui gèrent les installations aéroportuaires canadiennes.

L’élimination de ces loyers, qui se traduirait par des économies pour les membres de l’IATA, permettrait d’injecter quelque 300 millions $ dans l’économie canadienne, affirme M. de Juniac.

Articles électroniques

À mots couverts, le chef de la direction de l’IATA a également encouragé Ottawa à ne pas emboîter le pas aux États-Unis et au Royaume-Uni, qui ont interdit récemment les grands articles électroniques (comme les ordinateurs portables) dans les cabines passagers. Rien ne permet de croire que cela augmente la sécurité à bord de l’avion, selon lui.