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Le policier aurait agi «raisonnablement»

Il a tué un ado qui fonçait vers lui en voiture

Éric Deslauriers, accusé
Photo Martin Alarie Éric Deslauriers, accusé

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L’intervention du sergent de la Sûreté du Québec qui a atteint mortellement un jeune de 17 ans alors qu’il le voyait lui foncer dessus avec une voiture n’était pas parfaite, mais il a agi «raisonnablement», selon un expert.

Le 22 janvier 2014, David H. Lacour conduisait une voiture volée près de l’école des adultes à Sainte-Adèle. Le sergent Éric Deslauriers lui aurait demandé à plusieurs reprises de lever les mains, ce qu’aurait fait la victime dans un premier temps. M. Lacour aurait par la suite fait vrombir le moteur de sa voiture avant de foncer vers le policier qui a tiré deux balles vers lui, l’atteignant mortellement.

David H. Lacour, victime
Photo courtoisie
David H. Lacour, victime

Pas parfaite

L’expert en emploi de la force et en intervention policière, Bruno Poulin, a témoigné hier au procès pour homicide involontaire d’Éric Deslauriers. Il croit que, selon l’enseignement aux policiers et d’après ce qu’il a vu sur les séquences vidéo de l’événement, Deslauriers a fait une « intervention raisonnable dans les circonstances et respectait l’enseignement.»

M. Poulin précise que cette intervention n’était pas parfaite et aurait pu être mieux planifiée. «J’aurais préféré qu’il (Deslauriers) avance plus rapidement ou qu’il prenne une barricade, mais il s’est fait prendre à contre-pied. Parfois le conducteur montrait des signes de menaces, parfois de soumission», ajoute-t-il.

L’avocate de la poursuite, Me Julie Laborde, a relancé l’expert en contre-interrogatoire en lui faisant remarquer que le policier n’a ni avancé rapidement vers la victime ni utilisé une barricade. «À ce niveau, c’est une erreur tactique, mais dans l’ensemble, c’est conforme», maintient M. Poulin.

Éric Deslauriers, accusé
Photo Courtoisie

Anticipation et réaction

Me Laborde a rappelé que le sergent Deslauriers n’aurait jamais pu savoir ce qui se passait dans la tête du conducteur. Bruno Poulin soutient quand même que d’entendre vrombir un moteur est un indice de menace pour le policier.

Me Laborde indique que selon les dires de cet expert et les séquences vidéo, Deslauriers a eu le temps de viser, de tirer deux fois et de s’appuyer sur la voiture entre les deux coups. Elle confirme que Deslauriers n’a jamais avisé la victime du motif de son interception et n’a appelé aucun policier en renfort lorsqu’il s’est vu en danger. Je vais laisser à Mme la juge le soin de voir si lors d’une intervention à risque, le policier doit l’informer», a répondu Poulin. Les plaidoiries débutent vendredi matin.